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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 10:18

Cet article discute les méthodes de financements de travaux joints entre académie et industrie.
Il s'agit donc de discuter exclusivement de travaux:
  • ayant un lien avec l'industrie;
  • trop gros pour être financés sans demande spécifique de fond (ou impliquant des signatures que l'on ne peut fournir directement en tant que simples chercheurs).
Il s'agit ici d'exposer un point de vue, possiblement très lacunaire. Avec le sentiment qu'il y a un problème de fond sur ce sujet dans le monde de la recherche, j'essaie de faire avancer le débat en faisant une synthèse en tâchant de n'être ni trop dans le détail ni trop simpliste.
Méthodes.
Les méthodes principales sont:
  • Thèses cofinancées: BDI, St2i, Cifre,etc: pour l'essentiel,se mettre d'accord avec une entreprise, et avoir l'accord d'organismes publics. On obtient par cette voie le financement d'un doctorant.
  • Financements ANR, RNTL, etc: on remplit un dossier, qui est évalué par des experts, et possiblement on reçoit les fonds. On reçoit par cette voie le financement d'un doctorant ou d'un post-doc, et de l'argent pour des frais liés au travail prévu.


Défauts du système.

  • Temps de réaction extrêmement long. Il faut attendre l'appel adéquat, puis attendre le résultat d'évaluation.
  • Très grosse lourdeur administrative. Enparticulier, les chercheurs / enseignants-chercheurs sont supposés gérer les aspects administratifs, ce pour quoi ils ne sont pas formés et surtout ce pour quoi les compétences spécifiques à leurs métiers sont inutiles. Le système américain, ainsi que le système finlandais, est nettement meilleur à ce niveau là, semble-t-il. L'inria, dans ses centres de recherche, apporte un net mieux semble-t-il.
  • Experts souvent peu motivés et peu concernés. On a tous vu à quel point l'ANR manquait d'experts; le conflit récent n'a rien arrangé (à titre individuel  je refuse systématiquement d'être expert ANR désormais). La pression bibliométrique n'arrange rien non plus: le fait de faire des évaluations est entièrement bénévole et hors toute évaluation. En augmentant la pression bibliométrique, on décourage les bonnes volontés sur les expertises ANR.
  • Etrange passage de l'argent.. Le système fournit, lors d'une thèse Cifre, une importante somme à l'entreprise via le CIR; cette somme est importante car elle est égale à A = B+C, une partie C étant supposée être reversée au laboratoire public. L'entreprise est financée car elle est supposée fournir, via la thèse Cifre, une part de recherche utile à toute la collectivité, sous forme de publications notamment.Néanmoins, si le laboratoire est évalué sur ses résultats de recherche, ce n'est pas le cas du tout l'entreprise: par conséquent, l'entreprise a tout intérêt à négocier une répartition où B est très élevé, et, une fois l'argent reçu, n'absolument pas se consacrer aux actvitiés de recherche et encore moins à la diffusion des travaux subventionnés.
  • Complications de recrutement: quand un financement est dédié (partiellement ou pleinement) à un recrutement, les contraintes adminsitratives, de délai, d'âge du candidat, de borne inférieure et/ou supérieure sur la qualification du candidat font qu'il est très difficile de trouver qqn. Souvent le recrutement se fait par défaut, sous la contrainte, personne ne voulant subir une deuxième fois le long protocole administratif. Ce système favorise le recrutement d'individus maladéquats, au détriment de bons éléments mal adaptés aux "cases" administratives ou aux dates imposés par les contraintes administratives.
Propositions.
  • Fonds propres et système allégé pour projets légers.
  • Financement Cifre basé sur un versement de la somme B à l'entreprise et C au laboratoire.
  • Pas de délai serré et moins de contrainte administrative sur les recrutements.
  • Charge administrative côté ANR, pas côté chercheurs (sinon on pénalise les labos à moins forte aide adminisrative).

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Published by teytaud - dans Recherche
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