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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 21:06

Je vous ai parlé ailleurs du très beau livre d'Edouard Launet sur le médico-légal (http://0z.fr/ernL1); ça vous vraiment le détour. Et bien ce livre est du même tonneau, avec un thème plus rose: le sexe!
(quoique j'ai tâché de faire un peu détourné, cette page n'est pas pour enfants...)

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782757815793.jpg
Remarquez, médico-légal et cul, ça peut aller bien ensemble. Quand quelqu'un meurt en essayant de faire l'amour à une pelleteuse, ou quand des gens s'électrocutent parce que monsieur avait un côté du 220V dans le derrière et madame l'autre côté, on sent que les deux sujets s'approchent. De même quand quelqu'un bricole un truc très compliqué pour qu'une machine très élaborée l'éventre juste un peu, et meurt malencontreusement parce que le réglage n'était pas top, ou lorsque l'asphyxiophilie va un peu loin.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0b/Excavator_in_Brittany_France.JPG
Moi, sexuellement, une pelleteuse, ça ne m'attire vraiment pas (cf texte). En même temps, ça me permet de mettre une illustration tout à fait décente sur ce sujet, ce qui n'était pas forcément évident a priori.

 

 

 

 

 

 

 

Mais il y a aussi d'autres cas qui ne rentrent vraiment que dans la sexualité. Grâce à ce livre, vous saurez de manière très scientifique que l'utilisation de la langue par monsieur est très appréciée de madame, mais aussi que si une femme qui aborde un homme très abruptement sur le thème "voulez-vous copuler ?" a une très bonne chance de réussite, il n'en va pas de même pour un homme qui serait tout aussi entreprenant (même si le pourcentage augmente un petit peu en commençant par demander l'heure).

Saviez-vous, preuves scientifiques et numériques à l'appui, que nos lointains ancêtres avaient semble-t-il déjà des godemichets doubles ? que les femmes aiment bien varier les plaisirs ? que des chercheurs passent beaucoup de temps à regarder des photos cochonnes sur internet pour compter combien il y a d'hommes et combien il y a de femmes sur chaque ?

La nature est formidablement bien faite. Lorsqu'un homme regarde une femme en train de copuler avec plusieurs hommes, son taux de spermatozoides mobiles augmente - il se prépare à la concurrence, quoi.



Remercions les scientifiques qui ont pris la peine d'établir scientifiquement que ça peut tout à fait être par erreur qu'on va vers le mauvais trou: ils rendent service dans les pays où un des trous peut provoquer des problèmes avec la justice (et oui il y a encore des pays où c'est condamnable...). Dans la même veine, on a envie de remercier les scientifiques qui disent que c'est par dévouement que certains pasteurs copulent hors mariage.
Il y a aussi des pays où un médecin qui utilise son doigt pour voir si son patient a une tumeur mal placée s'expose à des réactions violentes.

     Mesdames, pardonnez-moi, ce sont des scientifiques qui l'ont dit (cf texte).



Allez, un peu de choquant pour perturber les femmes: alors que les hommes hétérosexuels ne sont pas échauffés par des images de gorilles ou autres animaux qui copulent, ni même par des scènes mettant en jeu seulement des hommes, les femmes s'avèrent peu regardantes.

Plus classiquement connu, bien copuler est un bon symptôme au niveau santé; mais là où on va vraiment rigoler, surtout si on est adepte de techniques statistiques élaborées, c'est avec les articles utilisant des statistiques avec plein de dimensions pour représenter où sont les gens dans une espèce de cartographie sexuelle loufoque. Y'a des chercheurs qui doivent bien s'amuser. Enfin, il y a des scientifiques qui s'acharnent à montrer que copuler à deux c'est mieux qu'à un, et qu'hors mariage c'est moins bon pour la santé. Récemment, on a appris que les hommes intelligents étaient plus fidèles, mais ça c'est sorti après le livre de Launet, donc on ne l'y apprendra pas :-)

Enfin, sachez que la pratique dite "taghaandan", consistant à appuyer dessus très fort pour tout arrêter, peut avoir des conséquences très ennuyeuses (quoiqu'en général ça se répare), et qu'il faut faire attention aux objects qu'on met dans différents trous - certaines choses peuvent être plus difficiles à récupérer que d'autres.

   Je n'ose pas vous dire ce que ce
scarabée fait dans le livre...
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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 10:21

Quand votre PC ne vous sert pas à jouer, la carte graphique est un peu surdimensionnée. Alors qu'en faire ? La revendre est un peu laborieux, mais vous pouvez l'utiliser pour faire du calcul général: c'est le GPGPU (General-purpose computing on graphics processing units).

Attention! Je ne suis pas expert. Je découvre le sujet et écris ces lignes en vue de les améliorer au fil de ce que j'apprendrai sur le sujet. Tout commentaire bienvenu! Et si vous êtes anglophone vous trouverez plein de jolies choses ici: http://people.maths.ox.ac.uk/gilesm/cuda/

Version NVIDIA.



Pour que ceci soit accessible au plus grand nombre, je mets un peu de lexique en bas de page.

Comment coder sur GPU ?

CUDA est le langage le plus classique pour ça. Très proche du C, vous faites très vite un code qui écrit "hello world" et après vous pouvez décoller vers de vraies applications très rapidement.

Cela dit, c'est plus dur que de coder en C ou autre: en particulier, on ne peut pas faire un hello world super facilement (il faut une couche CPU et une couche GPU mise en place par le couche CPU), et le code produit est forcément modérément portable, puisqu'il ne marchera pas (sauf en émulation) sur une machine qui n'a pas de GPU...

La compilation est assez simple:

nvcc -o monBinaire moncode.cu

où ".cu" est l'extension des programmes cuda.

Quelques morceaux de code ?

Voilà un exemple:

  • cudaMalloc(): pour allouer de la mémoire sur GPU.
  • cudaMemcpy(): pour copier de la mémoire du GPU vers le CPU.
  • cudaFree(): libérer un bloc mémoire sur le GPU.
  • maFonction<<<nbBlocs, nbThreads>>>( mes arguments);
    execute maFonction sur nbThreads dans chacun des nbBlocs.
  • __shared__ int maVariable: pour une variable partagée entre tous les threads d'un bloc.
  • __syncThreads: on attend que tous les threads soient arrivés à cette ligne pour pouvoir continuer.


La page http://llpanorama.wordpress.com/2008/05/21/my-first-cuda-program/ fournit un très joli premier exemple, que je vous recopie en bas de cette page par peur qu'il ne disparaisse d'internet.

Et pour débugguer / optimiser un peu ?

Pour trouver les erreurs, avoir des printf est drôlement commode.
Or, pas de "printf" sur GPU. Ouf! Compiler avec

nvcc --device-emulation -o monexecutable moncode.cu

permet d'avoir un executable émulé, et là les printf sont autorisés.

Votre premier programme devrait être lent, c'est normal.
Comment accélérer ?

  • rendre local à chaque thread toutes les lectures mémoires possibles. C'est là que l'on gagne le plus vite et le plus facilement.
  • rendre local à chaque bloc toues les lectures mémoires possibles. Ce n'est pas pareil que ci-dessus! Il faut veiller à lire "en interne au thread", dès que possible, et en interne au bloc sinon, et seulement en dernier recours revenir à la mémoire du CPU.


Pour aller plus loin, il y a des profileurs CUDA qui trouveront où vous perdez du temps.

Et l'installation de CUDA pour coder sur GPU ?

Ca implique
d'avoir récupéré les ".run" (pour Linux) ici:
http://developer.nvidia.com/object/cuda_3_0_downloads.html

et de les installer:
chmod +x cudadriver_2.3_linux_64_19

0.18.run cudatoolkit_2.3_linux_64_ubuntu9.04.run cudasdk_2.3_linux.run
(ou cf http://doc.ubuntu-fr.org/cuda).

Forcément, c'est moins "tout inclus" que du C ou C++ ou java
où tout est par défaut dans linux, mais j'imagine que ça viendra.

Est-ce un outil générique de calcul parallèle ?



Comparaison entre puissance CPU et puissance GPU d'après
http://people.maths.ox.ac.uk/gilesm/cuda/lecture1.pdf
Vu comme ça ça fait envie, mais ça n'est pas si puissant que ça pour tout.
Il y a des choses particulières quant on programme sur GPU:
  • La mémoire est d'une part sur le GPU central et d'autre part sur chacun des blocs.
  • L'accès à la mémoire est:
    • assez lent dans tous les cas; au sein d'un bloc, il faut éviter d'avoir trop de threads qui accèdent simultanément à la mémoire d'un bloc (limite aux alentours de 16, sinon il y a ralentissement).
    • très lent pour ce qui est du transfert de la mémoire "centrale" de l'ordinateur vers la mémoire du GPU.
    • limité aussi de chaque bloc vers la mémoire centrale.
  • Le GPU est composé d'environ 128 blocs qui peuvent calculer indépendamment (mais avec un accès à la mémoire globale limitée).
  • Au sein d'un bloc, on travaille essentiellement en "stream processing", sur flux: c'est-à-dire qu'on ne fait pas (pas trop) de branchements qui ne donnent pas la même branche. Idéalement on peut avoir parait-il 512 threads par bloc, mais en pratique ils vont forcément se marcher un peu dessus.

  • Petite mémoire sur chaque bloc; de l'ordre de 16Ko; ça va vite!
  • Le calcul flottant est (sur beaucoup de GPU) en 32bits, alors que sur les CPU le 64bits se répand. Cela dit pour beaucoup de gens, 32bits ça suffit.

Méfiez-vous des comparatifs de puissance de calcul qui oublient souvent le temps de transfert vers la mémoire du GPU!

Alors, qu'est-ce-qui se programme bien sur GPU ?

Deux niveaux de parallélisme: 128 blocs, avec des threads plutôt SIMD sur chaque bloc.
Le cas idéal: beaucoup de donner à traiter, sans avoir des branchements sur chaque donnée.

Et ce que j'en ai vu ?

Les gens trichent parfois! Ils disent qu'ils ont un speed-up X ou Y mais ils ne prennent pas en compte les transferts mémoire. Obtenir des super-grosses
accélérations n'est pafs trivial. Sur le papier on peut atteindre des chiffres mirifiques avec 128 blocs de 512 threads, mais les threads d'un bloc ont un accès très limité à la mémoire et il est donc rare que l'on puisse atteindre des chiffres pareils. Les blocs sont supposés pouvoir travailler à peu près indépendamment, mais les premiers essais que l'on a fait ici n'étaient pas fantastiques.

Monte-Carlo Tree Search is a great algorithm which can be very efficient for the game of Go, and also for difficult planning.


Les jeunes centraliens qui par ici se sont lancés dans le codage de MCTS
(http://teytaud.over-blog.com/article-35709049.html) en GPU ont fait de l'honnête travail, et néanmoins leurs performances sur GPU restent loin en dessous d'un simple CPU. Le travail d'optimisation ne fait que commencer et j'espère rectifier ces nouvelles dans un sens plus optimiste prochainement...


Glossaire.

  • Cuda: le langage le plus classique pour coder sur GPU.

  • GPU: processeur graphique! le truc qui fait que les jeux vidéos vont vite.

  • GPGPU: le fait d'utiliser le GPU pour faire autre chose que du graphique.

  • Parallélisme: le fait d'effectuer un grand nombre d'opérations en même temps.

  • MIMD: parallélisme permettant d'effectuer un grand nombre d'instructions différentes à un grand nombre de données différentes ("multiple instructions multiple data").

  • SIMD: parallélisme basé sur le fait d'appliquer une même instruction à plein de données différentes en même temps ("single instruction multiple data"). Le GPU peut faire du MIMD, mais au prix d'un très fort ralentissement; il convient d'être "aussi SIMD" que possible dans du code GPU.



Un échantillon provenant de http://llpanorama.wordpress.com/2008/05/21/my-first-cuda-program/ et que je recopie ici par peur que ce très bel exemple disparaisse d'internet (ce programme élève au carré chaque élément d'un tableau).

// example1.cpp : Defines the entry point for the console application.
//

#include "stdafx.h"

#include <stdio.h>
#include <cuda.h>

// Kernel that executes on the CUDA device
__global__ void square_array(float *a, int N)
{
int idx = blockIdx.x * blockDim.x + threadIdx.x;
if (idx<N) a[idx] = a[idx] * a[idx];
}

// main routine that executes on the host
int main(void)
{
float *a_h, *a_d; // Pointer to host & device arrays
const int N = 10; // Number of elements in arrays
size_t size = N * sizeof(float);
a_h = (float *)malloc(size); // Allocate array on host
cudaMalloc((void **) &a_d, size); // Allocate array on device
// Initialize host array and copy it to CUDA device
for (int i=0; i<N; i++) a_h[i] = (float)i;
cudaMemcpy(a_d, a_h, size, cudaMemcpyHostToDevice);
// Do calculation on device:
int block_size = 4;
int n_blocks = N/block_size + (N%block_size == 0 ? 0:1);
square_array <<< n_blocks, block_size >>> (a_d, N);
// Retrieve result from device and store it in host array
cudaMemcpy(a_h, a_d, sizeof(float)*N, cudaMemcpyDeviceToHost);
// Print results
for (int i=0; i<N; i++) printf("%d %f\n", i, a_h[i]);
// Cleanup
free(a_h); cudaFree(a_d);
}
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 11:38
Avertissement: l'auteur de ces lignes n'est pas expert en bibles, et discute donc le livre "la bible pour les nuls" (BPN), et non la bible elle-même. En outre, le nouveau testament est exclu du commentaire. Enfin, des erreurs peuvent subsister, de mon fait, et l'auteur de la BPN n'y est évidemment pour rien.

Edition "pour les Nuls".

Introduction.


On ne suit pas ici le plan de la BPN; on discutera des origines de la bible, de quelques expressions qui y ont leur origine, puis on soulignera les divergences de la bible avec une section dédiée aux aspects progressistes de la bible et une section dédiée aux aspects les plus réactionnaires. On évoquera brièvement la consistance de la bible avec les connaissances scientifiques.

Origines et contradictions.


La bible réunit un grand nombre de livres de sources diverses, eux-mêmes souvent dérivés de livres plus anciens (comme l'épopée de Gilgamesh). Abraham, un des personnages centraux de la bible, proviendrait ainsi du royaume sumérien; Moïse était en Egypte vers -1300; tout n'est donc pas de l'époque d'Israël et ses douze tribus. L'ancien testament aurait été rédigé en gros entre -1300 et +450, donc sur 2000 ans environ, alors que le nouveau testament aurait été rédigé entre +45 et +60. La bible telle que nous la connaissons a été grosso modo finalisée environ au 4ème siècle, avec néanmoins des retouches au 16ème siècle. Les plus anciennes copies retrouvées datent du 9ème siècle, à l'exception de la découverte récente (années 50) des livres qumraniens, datant du 1er siècle avant JC et selon l'auteur de la bible pour les nuls très proches des bibles actuelles). Des modifications ont été faites (contre-réforme) dans les versions catholiques au 16ème siècle par souci d'opposition à la réforme; la bible n'est donc pas la même selon les religions (d'autres différences existes - la bible juive, entre autres différences, ne contient pas le nouveau testament).

La bible contient des textes dont l'original est en grec, araméen ou hébreu.
La traduction des textes d'origine est bien complexe, et l'auteur de la BPN nous le montre en particulier pour les langues dans lesquelles les mots de la bible n'ont pas de traduction; dans certaines langues n'existent ni "chameau" ni "aiguille" et il est donc complexe de traduire le fait qu'il est plus difficile à un riche d'entrer au paradis qu'à un chameau de traverser le chas d'une aiguille. Certaines bibles ont ainsi été annotées de "points voyelles" pour figer une phonétique de l'hébreu biblique (l'hébreu est à base de consonnes seulement).

L'auteur de la BPN ne prétend pas être plus neutre que cela et a raison; il voit le nouveau testament comme une continuation de l'ancien testament, et considère comme acquis le fait que Dieu s'est révélé à Moïse.


Poésie, étymologie, expressions, symboles.



La poésie dépend des langues et des cultures, et bien sûr la poésie de la bible, sur la forme, est déroutante; au lieu de rimes, on fabrique des contraintes sur l'ordre alphabétique des vers et des symétries entre chapitres; des dissonances syllabiques sont aussi citées. Tout cela n'est pas sans évoquer l'oulipo.

Les 10 plaies d'Egypte sont envoyées pour taper sur le peuple Egyptien, parce que le pharaon voulait exploiter la main d'oeuvre bon marché que constituaient les hébreux.
On apprend plein de vocabulaire en lisant la BPN. Un tabernacle est un temple démontable utilisé par Moïse durant l'exode.
Caducée, qui aurait selon la bible des pouvoirs magiques pour se protéger des serpents.

Le Caducée est cité dans la bible comme outil pour se protéger des serpents.

L'Arc en Ciel est supposé symboliser l'alliance entre l'homme et Dieu.

La bible, un ouvrage gauchiste ?



Le livre "Michée" est plein de suggestions socialistes et progressistes. Il a été un peu négligé en cours de route quand l'Eglise a accompagné les pouvoirs les moins sympathiques.

Le livre des "Nombres" a inspiré la contestation de l'esclavage, les Negro Spirituals "Let my people go"; c'est l'avantage d'être dans la bible, comment interdire un texte biblique ?

Le livre Ruth est nettement plus "rock" que d'autres parties; on y parle même de tolérance vis à vis des étrangers (par opposition notamment à Esdias 10 et Néhémie 13.23-27). Dans Ruth on évoque aussi la "provocation sexuelle" comme moyen employé par Ruth pour arriver à ses fins, sans condamnation du procédé.

La bible, un ouvrage réactionnaire ?



Dans le livre "Josué" de la Bible, Dieu fait franchement dans la boucherie.

Les livres anciens ont toujours le charme de présenter des cultures bien différentes. Quoique cela soit moins marqué que dans l'épopée de Gilgamesh où la prostitution semble le top de la réussite sociale, la bible n'a pas
de crainte à être politique incorrecte pour nos yeux d'aujourdhui: ainsi, la bible affirme que l'homosexualité c'est mal, et n'objecte rien au fait de massacrer pour la pureté de la race. J'aurais aimé que l'auteur de la BPN se démarque un peu de ces deux points de vue. Page 188, comment peut-on citer cette histoire de "préserver la race" sans prendre le temps de la condamner avec la plus grande fermeté ? Même Eric Besson ne se permettrait pas ça.

L'un des livres de la bible, le "lévitique", évoque la mise en place du clergé, une théocratie qui devait durer jusqu'aux séparations église/état récentes (encore contestées, même chez nous, par des politiciens bas de gamme). Le lévitique n'est donc pas le sommet de l'ouverture d'esprit, d'ailleurs il affirme que se comporter bien est une chose, mais que pour plaire à Dieu il faut surtout le reconnaitre. L'exclusion n'est pas loin.

Job doit accepter le malheur, sans s'y opposer, car telle serait la volonté de Dieu. Ca n'encourage pas à la révolution. Dans la même veine, l'auteur de la BPN, dans une digression, juge démobilisante des questions comme "Que vais-je faire de ma vie ?", question que je trouverais pour ma part hautement mobilisante.

La bible et l'histoire



La bible nous raconte l'histoire ancienne, avec certes une précision douteuse. L'auteur de la BPN trouve que la Genèse est en gros consistante avec les sciences, du fait que les différentes choses sont apparues selon les scientifiques à peu près dans l'ordre affirmé par la Genèse, ce qui me parait un peu contestable et me fait douter des autres éléments et je m'abstiens par manque de connaissance d'aller au delà sur ce terrain.


Conclusion.

Il est sans doute difficile de trouver quelqu'un de vraiment neutre sur la bible qui accepterait de passer des années à l'étudier pour la discuter rigoureusement et avec neutralité. La BPN est sans doute pas si mal dans cet esprit, sans y parvenir tout à fait et sans prétendre y parvenir. L'unité du livre est déjà un présupposé (multiplement réaffirmé dans la BPN) qui me parait inacceptable, tant l'ancien testament et le nouveau sont déjà bien distincts, et tant d'un livre à l'autre on passe d'auteurs qui pourraient défendre Sarkozy à des auteurs intelligents. J'apprends néanmoins beaucoup et facilement en lisant ce livre.
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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 10:47
On dit qu'oublier l'histoire c'est se condamner à la revivre; alors il faut lire "Le Monde d'Hier". Les numéros de page se réfère à l'édition Pierre Belfond avec l'opéra de Vienne sur la couverture.

Stefan Zweig


"... ô vous, mes souvenirs, [...] rendez au moins un reflet de ma vie, avant qu'elle sombre dans les ténèbres." D'emblée, Stefan Zweig commence son livre en annonçant qu'il va mourir après l'avoir écrit. Ca donne le ton.

Stefan Zweig contestataire.



Stefan Zweig nous fait partager son sentiment sur l'école du 19ème en Autriche; ce n'était sans doute pas beaucoup plus joyeux dans les autres pays. Cinq langues étrangères, plus toutes les autres disciplines scolaires; beaucoup trop selon lui. Mais surtout, Stefan Zweig dénonce un enseignement "machinal et sans chaleur"; frontal, comme on dirait aujourd'hui. Lycée triste jusqu'à son architecture, professeurs ennuyeux et sans énergie ("je ne vois plus un seul de leurs visages, peut-être parce que nous nous tenions toujours devant eux les yeux baissés et indifférents"), l'opinion de Stefan Zweig est radicale. Il est plein d'éloge par contre pour l'école qui a suivi, plus libre, plus gentille; il est heureux de voir les enfants partir à l'école "sans aucune crainte". Et aujourd'hui, dans quel sens va-t-on ?
"L'enthousiasme est ches les jeunes gens comme une maladie infectieuse"; et Zweig montre son engouement pour l'apprentissage qu'on dirait actif de nos jours. La pédagogie Freinet n'est pas loin. "L'endroit où se faisait le mieux notre instruction des choses nouvelles, c'était le café." "Nous lisions sous nos pupitres Nietzsche et Strindberg." Zweig admet aussi que l'envie de dépasser les autres est souvent le moteur pour apprendre; "le plaisir d'être en avance sur les autres étaient notre passion (à laquelle j'ai personnellement sacrifié encore bien des années durant)." Il affirme que la jeunesse, scolarisée mais peu scolaire, connaissait Rilke bien avant que Rilke soit célèbre. Zweig affirme que selon lui si on n'est pas passionné de savoir pendant sa jeunesse, il est trop tard plus tard pour rattraper le coup.

Et la sexualité dans tout ça ? Zweig explique à quel point, en dehors de la Russie, les écrivains de l'époque ne pouvaient, ne savaient, évoquer la sexualité et les moeurs autrement qu'en termes très édulcorés. La société était selon lui à cette image; Zola passait pour pornographique. Dans les classes bourgeoises (et seulement celles-ci), que devenait alors la jeunesse, et comment s'initiait-elle si la société était si prude ? Les jeunes filles étaient maintenues dans l'ignorance et s'habillaient de manière compliquée avec moultes couches de jupon pour cacher leur corps (se vêtir demandait une aide extérieure) et étaient supposées n'avoir aucun désir sexuel avant de rencontrer le mari. Les jeunes garçons étaient (à part les familles dites d'esprit éclairées qui prenaient en charge leur "éducation", possiblement en leur fournissant une bonne chargée de l'éclairer) souvent habitués à fréquenter les prostituées, avec le cortège de maladies qui allaient avec vu le peu de connaissance des jeunes en la matière à l'époque.

Il était ainsi scandaleux pour une femme de prononcer le mot "pantalon", et inimaginable d'en porter un; les premières femmes qui montèrent à cheval risquaient les jets de cailloux. La nature expulsée par la porte revenant par la fenêtre, la pornographie était partout, la prostitution remplaçait une sexualité normale. Comme la prostitution faisait désordre, l'état était bien ennuyé, zigzagant entre l'interdiction dans certains cas et l'autorisation dans d'autres, l'interdiction totale étant socialement impossible vu le rôle massif de la prostitution dans la sexualité de l'époque; et les prostituées étant dans tous les cas perçues comme profondément mauvaises et sans recours en cas de client indélicat.

Zweig n'est pas unidirectionnel; il ajoute que les femmes de l'époque, cachées aux regards, avaient un charme mystérieux supplémentaire ("y a-t-il aujourd'hui encore des jeunes filles qui rougissent ?").

Autre point sur lequel Zweig est acide: l'âge des dirigeants. Mozart a arrêté sa carrière à 36 ans, Schubert à 31; comment peut-on ne confier la musique qu'à des vieillards ? Et c'est pire en politique, avec des dirigeants vieillissants ne veillant qu'à préserver le passé, qu'à éviter tout progrès. Zweig fait plaisir par sa capacité, malgré son âge, à ne pas vouloir que des vieux au pouvoir.


Il rencontre Théodore Herzl, en 1901, avant qu'il ait fondé le mouvement sioniste (pour le droit des juifs à vivre sur une terre). Herzl lui permet sa première grande publication, et Zweig était jeune, heureux, ému, comme un sergent à qui l'on aurait remis la "légion d'honneur". Il rencontre aussi Rilke, et se demande si "de tels poètes, dévoués tout entiers au pur lyrisme seront-ils encore possibles dans [cette] époque de turbulence et de désordre universel ?". Le portrait de Rilke est très détaillé et montre l'immense impression que fit sur Zweig cet homme fuyant la renommée, "cette somme de tous les malentendus qui s'accumulent autour d'un nom".

Ah, la paperasse. Page 474, Zweig explique à quel point les paperasseries liées aux traversées de frontière lui paraissent une vexation, une injure inutile, une création ridicule des nationalismes. Son statut de réfugié lui a pesé, a pesé lourd dans sa décision de mettre fin à ses jours.

Les littéraires ne sont pas (pas tous :-) ) des vieux réacs aigris. On voit plus loin Zweig prôner la justice légère, ne frappant pas stupidement les voleurs de dangerosité nulle; Zweig s'oppose plus à la bêtise embourgeoisée qu'à la misère sociale.

Page 371, Zweig explique que beaucoup d'auteurs sont un peu pénibles par les longueurs de leur livre. Les jeunes qui souffrent sur des romans trop longs apprécieraient sans doute ces pages; Zweig ne défend pas les pages inutiles, et son succès lui parait dû principalement à cette qualité qu'il passait surtout du temps à enlever l'inutile. Ca me rappelle Dutour qui disait qu'il passait surtout du temps à enlever le style.

La montée des nationalismes et totalitarismes



Zweig a été enthousiasme sur l'Europe, la paix, le progrès technique et moral. La chute a été d'autant plus rude, avec l'immense défaite de la raison qu'a été la montée des nationalismes brutaux.

Adolf Hitler n'aimait pas Stefan Zweig.


Les européens étaient prêts de faire une seule nation, s'enthousiasmant des progrès techniques (les dirigeables, Blériot traversant la Manche) indépendamment de leurs nations d'origine. Zweig parle de fraternité universelle. Mais la folie nationaliste s'approchait.

Page 81, on voit l'Autriche et le monde commencer à bouger d'un calme positivisme optimiste un tantinet vieillissant. Le socialisme fut le premier grand mouvement des masses. Jusque là le privilège de voter était réservé aux riches; les masses étaient prêtes à écouter les militants du suffrage universel. Mais le mouvement n'était pas archi-violent comme le sera plus tard le mouvement nazi; on négocie, on discute, les choses s'arrangent; "on n'avait pas encore inventé le système actuel qui consiste à assomer les gens à coups de matraque et à les exterminer, l'idéal de l'humanité était encore vivant même chez les chefs de partis bien qu'à la vérité il commençât à défaillir." Puis arrive le parti national allemand, qui prépare en Autriche l'annexion à l'Allemagne; "numériquement faible, il suppléait à ce défaut par une agressivité sauvage et une brutalité sans mesure".

Paeg 247, on apprend comment l'espionnage de l'Autriche par la Russie a été rendu possible par des pressions sur un autrichien haut placés dont les russes avaient découvert qu'il était homosexuelle. On aurait aimé que Zweig en profite pour dénoncer le fait que l'homosexualité soit perçue comme un crime si horrible qu'on pouvait pousser un homme au pire en le menaçant de dévoiler son homosexualité.

Page 248, Zweig parle des plus Cassandre de l'époque, les seuls qui avaient raison, qui disaient que malgré tout ce qui semblait aller bien, la folie pouvait revenir et la guerre pouvait tout détruire. La minorité qui pronostiquait le pire avait raison et était même en deça de ce qui arriva. Rolland était pessimiste, Zweig le devenait aussi; il se reproche beaucoup, dans tout le livre, d'avoir compris trop tard pour agir.

Page 392, Zweig comprend à quel point son voyage en Russie est entâché de mensonges et à quel point ses interlocuteurs lui cachent des choses. Grâce en particulier à un anonyme qui lui cache une lettre dans le manteau, dans laquelle il explique les mensonges et lui demande de détruire cette lettre par le feu pour éviter qu'elle soit extraite de la poubelle, reconstruite et lue, Zweig n'est pas tombé dans l'idéalisation du socialisme russe comme d'autres auteurs de l'époque.

p418, Hitler brièvement au pouvoir en 1923, avant de retomber en prison. La plupart des intellectuels méprisent trop cet agité pour voir le danger.

p462, Zweig espère. Le Brésil lui parait bien plus pacifique. Mais il voit aussi la mondialisation par la technique; où que l'on aille, la fureur d'Hitler envahit la radio et excite les masses.

p471, quand Zweig explique ce scandale d'un homme interdit de rester veiller une morte car il est juif et n'est pas autorisé à rester près de la garde-malade; la loi craignait que les juifs corrompent le sang des femmes. Ca m'a rappelé, dans les années 2000, ces enfants que j'ai vu en prison parce que leurs parents qui avaient fui la discrmination dans leur pays d'origine (enfin, on appelle ça un centre de rétention); c'est bien proche.

Et les fausses notes ?

Stefan Zweig m'a bien plu. Y a-t-il quand même des points qui fâchent ? Oui.

La première fausse note est de l'aveu même de Zweig un engagement tardif et trop modéré. Obtenir la libération d'une personne en priant Mussolini n'est pas si grand. Mais Zweig l'a complètement reconnu lui-même; quoi d'autre ?

Page 362, Zweig nous dit que les sociétés secrètes qui pillonaient la paix était "fort mêlées d'homosexuels". Plus que le reste de la population, vraiment ? Les homosexuels ont-ils eu la vie si belle pendant le troisième Reich ?

Quoi d'autre ?



Zweig était passionné d'autographes et de textes manuscrits originaux en tout genre; c'était sa première fierté. La perte de cette collection l'a affecté.
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 23:46
ATTENTION CECI EST UN BROUILLON, je me suis un peu embrouillé dans mes notes de lecture et doit revoir.

A. Demaret a écrit "Ethologie et psychiatrie" , qui étudie l'origine des maladies mentales, et dont je vais vous parler. Je ne suis pas expert et risque donc d'être imprécis; en outre, j'ai lu ce livre il y a fort longtemps et écrit de mémoire à partir de notes trop brèves. En tout cas, le livre a le mérite de tenter une explication intéressante. Ca donne envie d'essayer de faire du calcul sur des chiffres pour voir si tout colle; matheux, informaticiens, on pourrait avoir du pain sur la planche...

Une stimulante lecture pour expliquer l'origine des maladies mentales.



Tout d'abord les maladies qui sont peut-être utiles.

Tout d'abord on parle de phylogénèse des maladies mentales; d'où viennent ces étranges maladies mentales ? Pour y répondre l'auteur fait le louable effort d'être quantitatif.

Certaines maladies seraient trop fréquentes pour être un hasard (au vu du risque de mutation malvenue); on peut donc soupçonner que, de même que l'anémie drépanocytaire semble avoir des avantages contre le paludisme (ainsi que, peut-être, le diabète et la mucoviscidose auraient des avantages cachés), les maladies mentales pourraient avoir un atout indirect. N'oublions pas aussi que parfois, une maladie correspond à un coup de pas de chance génétique, explicable par l'intérêt du gêne quand il n'est présent qu'à moitié (pour faire simplifié, biologistes pardonnez-moi).

La schizophrénie est naturellement un candidat de choix. Les schizophrènes ont une vie amoureuse faible, et un goût intense pour la vie intellectuelle (comme M. Nash célèbre pour ses travaux sur les jeux qui justement auraient des applications pour la compréhension de l'existence de la schizophrénie). Quel est l'intérêt caché du schizophrène ? Il serait exceptionnellement résistant à certaines infections et atteintes physiques, et d'autres parts les schizoides, qui sont pour simplifier un cas léger de schizophrènes, ont eux une forte capacité à la reproduction pour l'attrait qu'ils entrainent. En outre, le schizophrène peut être très utile au groupe par son investissement intellectuel, et peut donc être sélectionné par une pression sélective à l'échelle d'une population et non de l'individu.

De même, les maniaco-dépressifs, via leurs périodes de fort dynamisme, sont fort utiles parfois - le livre "psychoportraits du 20ème siècle", dont je vous parlerai un de ces jours, fournit de nombreux exemples.

Mais à quoi servent les psychopathes ?
Ils prennent des risques, ils recherchent des satisfactions immédiates, des nouveautés; ils sont utiles pour les métiers à risques ou pour des temps troubles. Là encore, le livre "psychoportraits" peut être appelé à la rescousse pour illustrer le propos.

Les informaticiens qui pratiquent l'évolution artificielles pour des problèmes d'ingénierie penseront peut-être au phénomène dit de "bloat", où des choses bizarres sont sélectionnées alors qu'elles conduisent à des individus forts bizarres occasionnellement.

Seconde partie: les comportements étranges hérités des animaux ?

Une seconde partie du livre parle de la phylogénèse des comportements; on parle des 3 cerveaux dits (i) reptilien (ii) paléomammifère (iii) néomammifère; on évoque ensuite l'homologie (similitude d'origine phylogénétique) et l'analogie (similitude de pression environnementale) comme explications possibles de ressemblances entre des espèces.

On y développe ensuite des exemples de mémoire génétique comportementale:

  • la prédisposition à fuir vers le noir chez le rat; cet apprentissage n'est pas exempt d'a priori bien sûr; et si le rat peut avoir des tendances génétiques comme celles-ci, possiblement mal venues pour pas mal de cas, on peut s'interroger si on a le même phénomène chez l'homme.
  • Prédisposition à apprendre les aversions alimentaires, notamment avec délai entre ingestion et trouble (point dont on devine qu'il est dur à apprendre vu la pénalité décalée dans le temps avec l'acte, et que donc une prédisposition génétique semble utile).



Sur ces bases, l'auteur explique des comportements psychologiques non standards par la phylogénétique.

D'abord, qu'en est-il des substitutions constatées chez les animaux, où un comportement est remplacé par un comportement sans rapport, comme l'abandon d'un combat qui devient dormir ou manger ou faire la toilette; l'explication étant l'évitement d'un conflit interne trop violent entre la tendance au combat et la tendance à fuir.

A partir de là, l'auteur essaie d'expliquer de similaires substitutions chez l'homme:

  • masturbation inconsciente (main dans le pantalon pour un enfant qui regarde un jeu auquel il aurait envie de participer),
  • éjaculation au moment d'un rendu de copie (situation tendue),
  • sommeil soudain chez des soldats au front,
  • rire nerveux en situation tendue.


L'auteur évoque aussi le fait de se tonger les ongles, ou les rituels comme les toilettes aberrantes (j'imagine qu'on parle actuellement de T.O.C.), et des troubles psychosomatiques.

Les maniaco-dépressifs (chez qui se succèdent manie et mélancolie) ont beaucoup de similitudes avec des comportements animaux: souvent, ils sont, comme le suicide, liés au printemps ou à l'automne qui ont de l'impact sur des espèces animales; ils subissent aussi l'effet du matin; ils ont parfois des cycles de 48h ou un an; souvent, des parents de maniaco-dépressifs conçoivent des bébés au 2ème trimestre (ce qui n'est pas le cas du reste de la population); ils ont enfin une force musculaire particulière ainsi qu'une absence de fatigue malgré inappétence et insomnie. Tout cela évoque un comportement de type territorial de groupe (classique dans le règne animal); ce comportement animal apparait à l'âge adulte, est lié à la conception de bébé et à l'alimentation, a des liens avec printemps et automne; la mélancolie pourrait être associée aux "sorties de territoire". Signalons que les déménagements sont très générateurs de dépressions.

D'autres particularités psychologiques sont esquissées sous le même angle de l'éthologie:

  • l'anorexie, souvent corrélée avec la tendance au soin, à l'altruisme alimentaire, à l'aide aux femmes enceintes et aux enfants;
  • les phobies pourraient être ataviques; en effet, l'auteur signale qu'il n'y a pas de phobies pour des outils ne faisant du sens qu'à l'époque moderne comme les voitures. L'agoraphobie serait liée à la peur de quitter le territoire
  • l'hystérie pourrait dans cette analyse être un comportement territorial individuel (classique dans le règne animal).



On peut continuer avec les catatonies en cas de stress, liées au cerveau sous-cortical: l'analogie est proposée avec la simulation de mort pour échapper aux prédateurs. La tendance à répéter des mouvements parfois constatée peut être analogue à la tendance à se fondre dans un décor agité par le vent ou à la tendance à suivre le troupeau pour fuite sûre; la provocation de cette catatonie par hypnose évoque les paralysies face aux regards des prédateurs (mécanisme utilisé par les papillons dotés de "faux yeux" sur leurs ailes pour terroriser leurs éventuels prédateurs).

L'hystérie de conversion s'explique-t-elle par divers comportements de sactifices pour le groupe ?
Le comportement de bouc émissaire pour augmenter la cohésion de groupe ? Serait-elle analogue à la tendance à attirer le prédateur avant de fuir dans les arbres ou les airs ? On observe parait-il chez ces humains une tendance à se jeter en arrière et à "battre des ailes". L'hystérie de conversion entraine aussi un comportement sexuel particulier propre, peut-être, à favoriser la cohésion de groupe. Les individus touchés peuvent aussi tendre à agripper, comme pour protéger des enfants; et avoir une paralysie de la main, qui évoque la "feinte de l'aile brisée", utilisée par certains animaux qui feignent une blessure au bras pour attirer le prédateur (loin des enfants) qui croit voir une proie facile.

Voilà. On trouvera ça tiré par les cheveux, peut-être (mais pas autant que Freud dans ses moments disons de grande forme); intéressant livre en tout cas, lecture stimulante. Je suis preneur d'avis pour améliorer cette discussion.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 22:49
J'ai beaucoup aimé "Les sociétés animales: lions, fourmis et ouistitis", de Cézilly, Giraldeau et Théraulaz, aux éditions Le Pommier.

Les troupeaux de lionnes sont plus grands qu'ils ne devraient pour une chasse optimale. Est-ce-que c'est parce que les lionnes sont bêtes ? Un peu. Profondément, elles sont sélectionnés par l'efficacité individuelle, or dans ce cas comme dans beaucoup l'optimum pour chacun n'est pas l'optimum pour le groupe. Les théoriciens des jeux ne seront pas surpris. Le point sympathique dans cet exemple est qu'il est numérique et pas seulement qualitatif, contrairement à la plupart des cas cités plus bas.

Du bon livre à 8 euros, facile à transporter en métro.


Citons un deuxième cas "assez" quantitatif, avec la prévision du taux de capucins damiers qui préfèrent voler la nourriture de leurs collègues, plutôt que participer aux recherches de nourriture; prévision en fonction de la densité des ressources et du volume des ressources. Les damiers capucins sont instinctivement doués en théorie des jeux semble-t-il. Qui fait le calcul du taux de voleurs attendu chez l'espèce humaine ?

Pour la suite, rappelons que polyandrie signifie plusieurs mâles pour une femelle et polygynie plusieurs femelles pour un mâle.

Que penser de ces femelles qui se regroupent pour séduire un mâle ? Chez les lions, c'est ainsi que les femelles attirent un mâle tout en gardant la force d'empêcher l'infanticide. Le mâle, en effet, s'il le peut, préfère largement tuer les enfants déjà présents pour favoriser sa propre descendance. On peut pas dire que ça ait l'air optimal globalement pour l'espèce. Il serait élégant de mathématiquement prédire la taille des groupes de lionnes dans ces polygynies, pour voir si on est dans une situation évolutivement stable, c'est-à-dire individuellement optimale, ou si une sélection naturelle à l'échelle du groupe a développé quelque chose d'un peu plus près d'un optimum global (même si on se doute que ça ne peut être une coopération totale, vu l'espèce d'équilibre complexe pour éviter que monsieur ne consomme les enfants).

Parlons des leks. La compétition sexuelle peut conduire à des situations où les mâles s'entassent à des endroits parfois complètement dépourvus de toute ressource naturelle, ce qui est sans doute dommageable à l'espèce. Les femelles viennent, choisissent le mâle qu'elles veulent (et souvent il y en a un ou deux qui récupèrent toutes les occasions de procréer) et repartent. La compétition sexuelle chez les animaux me laisse parfois pantois; il faudrait voir la part de sélection au niveau du groupe et au niveau de l'individu pour y comprendre quelque chose, et puis mieux comprendre le mécanisme peut-être... Là j'ai eu le sentiment de ne pas vraiment avoir compris le fond de l'affaire; comment l'évolution produit elle ces cas où un très grand nombre d'individus acceptent de n'avoir aucune chance de se reproduire ? Peut-être qu'il y a matière à analyse mathématique, comme dans le cas de la taille des troupeaux de lionnes, pour voir si on est dans un optimum au niveau individuel, ou si un niveau plus global a pu opérer par sélection de groupes vis à vis d'autres groupes...

Ah, la réutilisation de techniques acquises pour une tâche pour une autre tâche, ça va plaire aux informaticiens. Ainsi, les fourmis gèrent-elles l'agrégation des cadavres de congénères comme elles transportent des boules de terre (les connaisseurs parleront mieux que moi du langage à ce propos, qui est peut-être né incidemment à d'autres progrès de l'homme). Sacrés bestioles ces fourmis. Les informaticiens aimeront aussi les discussions sur la stigmergie, qui est l'art de trouver quoi faire juste en fonction de ce qu'on observe immédiatement sans trop de mémoire, à l'opposé des cas de séquentialité où l'on agit en fonction de sa mémoire seulement. Les matheux pourront faire l'analogie avec les catégories de planification.

On trouvera aussi dans le livre une analyse (un peu vite fait) de l'organisation sexuelle en fonction des contraintes physiologiques et des ressources naturelles présentes, supposée prédire les variantes de polygynies. On s'éloigne un peu du quantitatif, mais sans sombrer dans le flou.

On apprendra que la polyandrie est observée seulement chez quelques oiseaux et primates, et aussi que les hippocampes sont de sacrés amoureux.
L'hippocampe très tendre et très monogame ?


On verra des exemples d'espèces où des individus deviennent physiologiquement incapables de descendance et s'investissent dans l'aide à leurs proches (au sens génétique), de manière à diffuser leurs gênes.

L'éthologie est un domaine toujours amusant où l'on pourra trouver la prostitution chez les animaux, le mensonge au conjoint, la monogamie, toutes ces choses pas si spécifiquement humaines que ça. Et oui, il y a des insectes monogames. Dans d'autres livres sur l'éthologie on trouvera une explication de l'avantage reproductif de l'homosexualité chez les oies (ce n'est pas dans ce livre-ci je crois). Dans le livre "Life at small scale" on trouvera des cas intéressants de très forte collaboration entre animaux, puisque certains microbes sont capables de suicide dans l'intérêt de la communauté. La valeur n'attend pas le nombre de micromètres.

Voilà, un peu, mais peu quand même, de quantitatif de théorie des jeux. Il reste des choses à faire sans doute. Signalons pour ceux qui veulent adapter la théorie des jeux à la nature que la schizophrénie a parfois été interprêtée comme un moyen individuellement très sous-optimal mais collectivement utile; bientôt plus sur ce sujet dans ces lignes. Mais je doute que la théorie des jeux arrive à nous faire comprendre qu'un type décède en copulant avec une pelleteuse (voir mon article sur le médicolégal pour plus d'informations là-dessus).
Ca vous fait envie, vous ?
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 21:55
La psychologie sociale c'est sympathique, surtout en cette période où la démagogie et le commercial sont partout. Je vais donc vous parler de l'excellent "Psychologie sociale" (Dunod, en prime à moins de 12 euros). D'emblée j'avertis que je suis très bref ci-dessous, trop bref; allez lire le livre pour en savoir plus, ou fouillez la littérature scientifique, je ne peux ici tout recopier (et ce serait peu fair-play pour les auteurs du livre ci-dessous)...

Du bon (je trouve) pas cher (12 euros).












Quand est on le plus susceptible de se comporter comme un bourreau sanguinaire ?
Les célèbres expériences de Milgram (devenues célèbres via un film qui doit, je crois, être "I comme Icare") sont quelque chose que tout honnête homme doit connaitre; Milgram voulait comprendre la barbarie nazie et il a bien réussi à éclairer le phénomène en réalisant des expériences ou des sujets doivent torturer quelqu'un (la "victime" est en fait un acteur qui simule la douleur due à des chocs électriques, et le cobaye envoie de fausses décharges sur ordre d'un complice). Qu'on vous demande de commettre l'horreur sera beaucoup plus efficace:
  • si vous n'avez pas à toucher celui à qui vous faites du mal;
  • si vous êtes dans des locaux propres;
  • si personne ne désapprouve (comme quoi s'opposer est utile...);
  • s'il n'y a pas à être actif pour commettre la torture mais seulement à laisser faire;
  • s'il y a des gens avec vous qui eux obéissent sans sourciller.

Lire les expériences de Milgram, ça vaut le détour. Meeus et Raaijmakers (1986) ont montré que le taux d'acceptation était encore beaucoup plus grand quand il s'agissait de tortures mentales, genre se payer la tête d'un chômeur en lui mentant pour justifier le fait qu'il n'aura pas le travail qu'il convoite.

L'érotisme favorise-t-il la violence ?


L'érotisme favorise la violence ; et oui, surprenament, les films cochons rendent plus les gens susceptibles de réactions brutales que les films violents. Ca fait réfléchir quant à l'impact de la pornographie. On va dire que je suis réac, mais c'est comme ça, j'aime pas les journaux vulgaires qui sont visibles par tous et surtout pas les plus jeunes dans les devantures des kiosques à journaux. (Banduran 1973)










Et si on met une arme en plus dans l'image ?

Signalons aussi les travaux de Berkowitz et Lepage (1967), qui ont montré que l'image d'une arme, dans une situation d'irritation, rend plus susceptible de violence, même si l'arme ne peut être utilisée pour la violence en question.

Donner des préjugés aux gens. Staats et Staats ont montré en 1958 que si on répète à des gens des noms de nationalité accompagnés d'adjectifs péjoratif (resp. laudatifs), ils développent des préjugés négatifs (resp. positifs) sur les nationalités en question. C'est dire si les débats et discours idiots sont dangereux. Peut-être que ça fait du sens, la législation française qui limite la liberté d'expression sur ces sujets.

Rendre les gens résistants aux préjugés. Mac Guire (1964) et Papageorgis (1968) ont montré la théorie de l'inoculation et de la mise en garde: quand les gens sont exposés à des arguments de manière modérée et discutée, ils y résistent mieux si les arguments leur reviennent plus tard en force; et si on prévient quelqu'un qu'on va tâcher de la convaincre de quelque chose, il est mieux préparé à y résister. Moralité les cours d'histoire et l'accès aux études supérieures, lieu de débats par excellence, sont utiles. D'ailleurs les gens qui n'ont pas fait d'études supérieures votent beaucoup plus facilement pour des extrémistes démagogues, comme ceux qui nous gouvernent actuellement en France.

Rationalisation a posteriori et mensonges rémunérés. Festinger et Carlsmith (1959) montrent que si on paie quelqu'un très cher pour pipoter, il le fait en trouvant ça mal, alors que si on le paie très peu, il le fait et
trouve vraiment son geste intéressant; puisqu'il a accepté de le faire sans être bien payé, c'est que ça doit être intéressant. Deux remarques: (1) on trouve a posteriori une raison à ce qu'on a fait, (2) on a plus de difficultés à faire un truc malhonnête quand on est mal payé. Peut-être qu'on devrait moins payer nos politiques.

Technique du pied dans la porte, dite aussi de l'amorçage. Cialdini et al (1978) constatent que si on commence par présenter un peu malhonnêtement les conditions d'une demande, on a plus de chances d'obtenir une acceptation; typiquement, on commence par demander un peu, puis on précise qu'on veut plus. Technique marketing répugnante mais efficace. Est-ce vraiment formidable que plein de jeunes veulent faire du commerce ? C'est ça qui est utile à l'humanité et c'est ça que l'on veut comme futur ?

Dissonance cognitive: on éprouve moins d'inconfort à s'être mal comporté si l'on a été bien rémunéré pour ça. Les primes individuelles sont un bon moyen de favoriser les comportement immoral.

Ordre des informations. Ascg (1946) montre que l'on prend beaucoup plus en compte les premières informations données que les dernières dans ce que l'on mémorise. Les slogans en gros, avec les détails loin derrière, c'est immoral mais ça marche.

Grégarité dans l'anxiété. Schachter (1959) a établi que l'on tend plus à vivre en groupe en situation d'anxiété.

Qui apprécie-t-on ? Newcomb 1961 montre que l'on tend initialement à croire que nos amis partagent nos opinions, mais à terme l'on garde les amis dont les opinions sont proches des notres. C'est pas très étonnant et plutôt rationnel sans doute.

Comment être persuasif ? Il est préférable de ressembler à son auditoire, d'être grand, d'être beau, de parler vite... Ah les préjugés. Vous voulez un truc un peu horrible ? Même les bébés sont influençables par le physique.

Aime-t-on la froideur ? En général, on préfère les gens chaleureux, mais on a une tendance supplémentaire à apprécier quelqu'un dont le premier abord était froid s'il s'est "réchauffé" ensuite, selon Aronson et Linder 1965. Un peu étonnant pour moi... Est-ce vrai même pour des adultes sains et équilibrés ?

L'imitation sociale . L'imitation des adultes par les enfants est plus forte lorsque l'adulte a une relation positive avec l'enfant (Bandura, Ros et Ros, 1963).

Signalons aussi les travaux de Shaw (1932) qui ont montré que les groupes peuvent être plus efficaces que les individus seuls pour résoudre des problèmes, mais pas toujours; le détail est complexe et je vous laisse aller voir le détail dans cet ouvrage. Signalons quand même qu'Asch (1951) a pu faire dire de sacrés âneries à des gens censés, en les mettant au milieu d'un groupe qui disait vraiment n'importe quoi. De Gaulle n'aimait pas les partis.
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 21:31
Vous suivez la série Bones ou NCIS ? ou un autre polar où les cadavres sont fréquents et où les médecins légistes en plein délire ? Vous voulez connaitre l'histoire du gars qui est mort en voulant faire l'amour à une pelleteuse ?
La série médico-légale Bones; mais le livre dépasse la fiction.

Sachez que la réalité est au moins aussi éblouissante que la fiction. Entre ceux qui se suicident
en se plantant des clous dans la tête, ou en se tirant une dizaine de balles, ou en penchant la tête par la fenêtre de leur voiture au moment de croiser un panneau, on voit qu'il devient difficile de différencier suicide et meurtre. Et les meurtres sont forts eux aussi: on peut tuer à la tronçonneuse, 
Un livre fascinant sur la médecine légale.

et on sent qu'il faut de l'expertise pour faire de la différence entre un suicide à l'explosif et un meurtre à l'explosif (allez voir le livre pour connaitre la solution!). Très documenté, l'auteur est un ex-ingénieur qui s'est bien amusé avec la littérature médico-légale. 

Le sujet n'a pas l'air drôle comme ça, mais sachez-le: le même auteur a fait un livre sur la littérature scientifique sur le sexe. Remarquez que certains sujets sont communs aux deux: ainsi les décès par asphyxiophilie, les gens qui prennent tellement de plaisir sexuel à s'asphyxier qu'ils en meurent. Y'a plus original avec les gens qui s'électrocutent en voulant s'exciter. Tous les goûts sont dans la nature, et les livres de M. Launet valent vraiment le détour.

Pour finir, ne tirez pas en l'air pour faire la fête: ça tue beaucoup de monde quand la balle retombe, dans certains pays où tout un chacun se promène avec une mitraillette et aime manifester sa joie.
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:47



Imaginez que votre ordinateur soit incapable de résoudre un problème. Par exemple, lire un mot manuscrit passé par un scanner, chose utile pour traiter automatiquement des chèques ou des adresses postales par contre. Les ordinateurs font ça plus ou moins bien, mais sans arriver à résoudre les cas vraiment difficiles. Alors comment faire ? Faites en un jeu!

Vous ouvrez un site internet. A chaque fois que votre programme n'arrive pas à lire un mot, paf! il l'envoie sur le site. Les joueurs ont pour tâche de lire le mot.

Ok, mais et si le joueur essaie de tout faire foirer, en disant n'importe quoi ? C'est là que le jeu est trop fort: vous gagnez des points si vous trouvez la même réponse que les autres. Si la plulpart des joueurs jouent vraiment, alors ils ont intérêt à trouver la bonne réponse. Ca y est, vous avez un programme de Gwap.

La même chose permet d'étiqueter des images; si vous cherchez un nounours sur google "images", il faut que google images soit capable de trier les images. Alors comment faire ? Et bien les petits robots google qui se promènent sur internet collectent des images, les étiquettent avec les mots qui la décrivent sur le web quand une description est disponible, et ensuite complètent les étiquettes avec des Gwap: les joueurs voient des images, et doivent trouver des descripteurs pertinents.

Voilà. D'un côté ça permet difficilement de faire de l'intelligence artificielle vraiment au dessus de ce que peut faire l'humain - mais comme on n'arrête pas de voir que l'humain a encore beaucoup de marge avant que les machines ne le rattrapent, c'est une solution amusante pour certains problèmes. Enfin, tant qu'il y a des gens qui trouvent ça drôle de jouer aux Gwaps. Des Gwaps rémunérés bientôt peut-être ? Comme ça on aura des patrons "machines" au lieu d'avoir des ressources humaines imbéciles, ça sera pas plus mal finalement. Au moins les critères de revenu pourraient être transparents.

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 15:49
99a
The first ever win of a computer as black in 9x9 Go against a 9P.


Our Taiwanese partners for a ANR grant have organized public demonstration games between

MoGoTW (based on MoGo 4.86.Soissons + the "TW" modifications developped
jointly with our Taiwanese colleagues), with support by Grid5000
and
C.-H. Chou 9P, top pro player winner of the LG Cup 2007.


The algorithm is presented in another page http://teytaud.over-blog.com/article-35709049.html .
This was during a press conference at Taipei around a French-Taiwanese grant for joint research.

Comments by the pro:
He told the jounalists that he made a mistake on move 26 - an error hard to read, even for a professional Go player (see picture below).


99b.jpg
The suboptimal move made by the pro (move 24, on the left, center).


However, he was so surprised that MoGoTW found this mistake that he made during the game. That means the level of MoGoTW in 9x9 game has made an improvement than last time (08/2009).

In addition, he also told the journalists that MoGoTW made a good move at Move 29 (see picture below). He thought that the main reason that MoGoTW won the game was Move 29 and MoGoTW didn't make any mistake after Move 29.

99c.jpg
Very good move by mogoTW (move 29, on the upper right part).


The final position is indicated below; the big white group F6 is dead.



Authors of MoGo:
Contributors include all the mogo-people, plus Mei-Hui Wang, Chang-Shing Lee, Shi-Jim Yen, Hsien-Der Huang and Cheng-Wei Chou.

Details:
a) MoGoTW was running on 32 eight-cores in Taiwan.
b) There were two blitz games (15 minutes per side), won by the pro.
c) There was one non-blitz game (45 minutes per side). MoGo was unlucky
as it was black, but it nonetheless won the game. This game is enclosed.
All games can be found on KGS (account nutngo)



Remarks:


a) Fuego won as white against a 9P a few months ago. Therefore computers
have won both as white and black against top players :-) We now should
win on a complete game like 4 out of 7 games and the job would be
completly done for 9x9 Go :-)

b) MoGo already won a game as black, against Catalin Taranu, but I guess
the pro, at that time, had played an original opening somehow for fun
(I'm not sure of that, however).

c) My feeling is that blitz games are not favorable to computers... Statistics
are in accordance with this I guess. Humans are stronger for short time
settings.

d) The game was longer than most important games I've seen (59 moves).

All comments welcome.

Best regards
Olivier


============= the SGF file =========================================
(;GM[1]FF[4]CA[UTF-8]AP[CGoban:3]ST[2]
RU[Chinese]SZ[9]KM[7.50]TM[2700]
PW[nutngo]PB[MoGoTW9X9]DT[2009-10-26]PC[The KGS Go Server at http://www.gokgs.com/]C[MoGoTW9X9 [-\]: GTP Engine for MoGoTW9X9 (black): MoGo version MoGo version 4.86.Soissons: I'll resign if you win and playing until you pass if I win. If you passed and I did not, it often means that the status of some stones are not clear enough for me (I want to be sure we will agree on dead stones). Clarify them. Maybe I am losing, but have not enough time to be sure I should resign. In this case play until the end :'( (very rare cases)
]RE[B+Resign]
;B[ee]BL[2699.494]
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;B[ih]BL[411.532])




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Published by teytaud - dans Recherche
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