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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 14:58
"Chung Hyo Ye", Esprit et culture de Corée III, par Yong Hwa.

Avertissement: je n'ai passé qu'une semaine en Corée, et ai lu le "Chung Hyo Ye"; je donne ci-dessous des impressions de voyage et de lecture, qui ne prétendent pas être un compte-rendu précis, scientifique, journalistique de la Corée. Tout commentaire sur ce qui suit sera pris en compte.

Ce n'est pas exactement l'édition que j'ai, mais c'est le même motif.


Livre offert par la Corée, qui est en plein dans la tradition d'offrir des cadeaux tout le temps pour entretenir de bonnes relations, et qui m'a demandé de transmettre le livre en question à une bibliothèque française quand je l'aurai lu, ce que je vais m'empresser de faire. Ce livre absolument passionant est un concentré de culture coréenne, vue à travers les contes traditionnels.

Chung, c'est la loyauté envers son pays et son peuple.
Yo, c'est la dévotion filiale.
Ye, c'est la conduite de vie vertueuse.

Je vais ici m'éloigner beaucoup du livre pour parler plus généralement de la Corée du Sud voire de la culture asiatique.

La Corée, traditionnelle et moderne à la fois.

C'est peu de dire que la Corée défend le mélange de tradition et de modernisme, affiche sa tradition, et que c'est beau. Notons que la Corée défend sa tradition sans être réactionnaire; j'ai vu dans leur télévision des cours filmés d'intégration des étrangers, très tournés vers l'ouverture. Est-ce-que ça marcherait en France pour finir d'achever le front national ?
J'ai en tout cas eu le sentiment (et ce n'est pas le cas de tous les pays asiatiques!) qu'on n'avait pas, ici, de répugnance pour les étrangers, qui ne sont pas perçus ici comme une caste inférieur. La conception de l'accueil de l'étranger m'a rappelé Taiwan, mais il faut dire que j'ai eu moins l'occasion de fréquenter la population qu'à Taiwan et mon avis peut être bien peu fiable.

Les valeurs fondamentales en Corée.
Les coréens m'ont dit, et ce livre le dit aussi, que leur culture comportait (i) le respect des parents (ii) le respect des dirigeants (iii) l'éducation; c'est surtout (iii) qui m'a frappé, et selon les coréens, qui occasionnellement échappent une petite, voire une grosse pique sur le japon (bilan de l'histoire très violente entre ces deux pays, et certainement aussi du manque de bonne volonté des japonais pour reconnaiître la violence de leur armée lorsque le japon cherchait à envahir ses voisins coréens et chinois), chez les japonais on trouve des valeurs proches plutôt dans l'ordre (ii) (i) (iii). Pour un français, gageons que (ii) paraitra trop fort déjà en Corée, car les spots télévisés à la gloire de dirigeants récents, même lors de leur décès, seraient très mal perçus (comme manquant de neutralité politique) chez nous.

La "pureté" semble souvent citée, pour les jeunes filles, et semble associée aux cheveux longs (mais j'ai mal compris ce point).

Petites anecdotes sur la Corée.
On trouve des toilettes comme au japon: avec petit jet d'eau pour nettoyer les fesses et chauffage du trône.

A l'hotel il y a une attraction pyrotechnique tous les soirs semble-t-il. Hier, c'était un volcan artificiel avec des flammes sur l'eau et des jets d'eau sur lesquels sont projetés des monstres qui rappellent les dessins animés japonais; après l'éruption du volcan, un dragon cracheur de feu très impressionant sortait de l'eau pour rappeler qui est le boss en crachant du feu un grand coup.


L'éducation en Corée.

Il est répété dans le livre Chung Hyo Ye que les enfants doivent accepter que les parents se sacrifient pour qu'ils puissent étudier; leur devoir est de bien travailler à l'école, et non d'arrêter les études tôt pour pouvoir rentrer à la maison aider leurs parents.

Concrètement, la Corée du Sud a mis le paquet sur l'éducation, et ça paie.

En Corée du Sud on a une criminalité très très faible (comme au japon), le peu qu'il y en a est souvent de la criminalité organisée parait-il. Une plaisanterie dit que la criminalité a doublé: de 2 vols l'année dernière, on est passé à 4 cette année.

Les gens sont souvent bardés de diplômes; là-bas, il n'est pas concevable d'arrêter les études avant 18 ans. En pleine crise, le chômage est monté à 4%, ce qu'on aimerait bien voir chez nous même quand tout est supposé aller "bien".
Un exemple de partie de Go.
Le jeu de Go est une part de la culture ici. Il y a une chaine de télévision dédiée au jeu de Go (les Coréens sont des maitres dans ce domaine), et plusieurs chaines dédiées à l'école (une au moins en continu, présentant de vrais programmes éducatifs incluant sciences et mathématiques, plus une chaine dédiée à la culture coréenne). A la télévision je voyais des cours avec deux enseignants et bien peu d'élèves; est-ce une généralité en Corée ?

L'Ile de Jeju.

L'ile de Jeju est une province autonome, très touristique, avec plein d'attractions pour riche; aromathérapie à 225 euros la séance, fitness, body building, massages chers et autres. J'aurais aimé un hotel moins chic parce que j'étais, faute de choix, dans le genre d'endroits qui me rend trostskiste agressif.

Volcan, sur l'Ile de Jeju

L'ile est splendide au niveau nature, et des jardins un peu à la japonaise et sont délicatement intégrés. On y trouve des musées partout (musée de l'art africain, musée pas pour les enfants, parc à dinosaure, parc des reptiles, musée des ours en peluche, etc...). Les seules vérues sont les hotels, énormes structures en béton, d'une laideur mal masquée par les statues qui essaient de sauver l'aspect de l'ensemble. On trouve aussi des tunnels à lave, que l'on peut visiter.









La spécialité locale est la statue à chapeau rond (pierre volcanique, dirait-on ?). Je n'ai pas assez de connaissance pour vous en dire plus... Voyez aussi la splendide statue en photo ci-contre.

Alors que la Corée donne un certain sentiment de "pruderie" (sans exagération), on pourra noter le "love park", dont un échantillon apparait en photo et est loin d'être coincé.



La politesse Coréenne.

La politesse est très marquée dans la gestuelle, ce qui ne veut pas dire qu'elle soit forcément plus forte qu'en France dans tous les domaines.
Ici ça ne se fait pas de tenir la porte à la personne qui entre derrière soi.
Les formules de politesse et courbettes sont compliquées et codifiées, en fonction de l'âge (et du niveau d'étude m'a-t-on dit). Ca m'a rappelé Taiwan, où le respect du grand âge était flagrant et très attachant. La politesse envers les parents fait appel à des mots spécifiques et est très forte; on doit, ici, être discret quand les parents parlent, et les contes sont éloquents; une jeune fille sacrifie sa vie (en se vendant à des marins qui vont la sacrifier dans les eaux pour calmer les eaux) pour que son père puisse se soigner dans son grand âge; un jeune garçon se découpe la cuisse pour pouvoir faire manger un peu de viande à sa mère qui en a besoin pour guérir. Il est à noter que dans ces deux contes, l'acte est fait sans être affiché, et est même caché au bénéficiaire du sacrifice.

Quelques éléments de politesse ici:

  • ne pas se moucher à table;
  • il n'est pas ici requis de veiller à ne pas pousser les gens en marchant dans la rue, parait-il; cela ne m'a pas frappé toutefois, alors que dans certains pays asiatiques cela est flagrant m'a-t-on dit de première main;
  • toujours donner (ou prendre) quelque chose à quelqu'un à deux mains;
  • ne pas sentir ou commenter les odeurs de cuisine;
  • poser ses chaussures à l'entrée.

Signalons qu'ici un "banquet" peut durer 1h20, comprenant apéritif, spectacle, repas; ça n'est pas la conception française du banquet.


Autres éléments de culture asiatique.

L'âge est compté, en Corée, en incluant le temps passé dans le ventre de sa mère.

Beaucoup de modèles dans les revues coréennes sont blanches.
Les coréennes semblent souvent acheter des produits pour blanchir. Ca m'a bien déçu, et peut-être que les coréennes devraient interroger les européens sur leur avis sur elles et peut-être qu'elles n'auraient plus envie de blanchir.

Je vais diverger vers la culture asiatique en générale. Une Taiwanaise m'a dit qu'elle me souhaitait que mes enfants aient une dentition comme la mienne avec les incisives qui dépassent beaucoup. A ce moment là j'ai cru un instant qu'elle cherchait sa baffe, mais non, il parait que là-bas c'est bien perçu d'avoir les dents comme ça.

J'oubliais que la danse "rotative" (ça tourne beaucoup, avec des longs "fils" accrochés sur la tête, je connais pas le nom...) coréenne traditionnelle est complètement éblouissante; à la fois archi-tonique, rythmée, élégante, vraiment excellentissime. Nettement mieux que la démonstration de hip-hop coréen, qui n'était pas vraiment éblouissante à mon goût, mais il parait pourtant que le hip-hop coréen est en général très fort - j'ai dû mal tomber.

La cuisine coréenne est parfaite à mon goût, du moins pour la plupart des plats - par contre parfois on peut tomber sur du très, très, très fort sur lequel je n'ai aucun avis - impossible pour moi d'avaler un truc aussi fort. La nourriture semble plutôt plus diététique que la cuisine française, je crois.


Le drapeau coréen.
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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 11:24


  "Propos sur le bonheur", d'Alain. Lu dans la collection Idées, de Gallimard.

   Signalons brièvement que la vie d'Alain,
   son engagement (à la fois sans démagogie, sans simplisme et sans compromis), et sa façon
   de le vivre, lui font honneur; et passons maintenant au livre.
   Je vais commencer par des points qui m'ont un peu irrité, mais serai beaucoup plus positif après.

   Alain, la méthode Coué, George Sand et les stoïciens.
   On voit long débat sur la méthode Coué (sans cette appellation), appliquée à plein de choses.
   Par exemple, la politesse, c'est la méthode Coué dans sa variante "l'ambiance est bonne"; page 180, Alain explique qu'il faut être poli pour propager la bonne humeur et qu'on va même soi-même en bénéficier rapidement en retour. Il y a aussi une variante pour le sommeil: faire semblant de dormir, ça aide à dormir. Ne pas penser à sa digestion, c'est assurer une bonne digestion. p157, se forcer à ne pas tousser, ça évite que la toux nous envahisse et nous donne encore plus envie de tousser; dans la même page on apprend même comment saliver pour atténuer l'envie de tousser, et on apprend à ne pas se gratter. Ce n'est certainement pas faux, mais si ce livre contient ainsi de nombreux éléments de bon sens, il va quelquefois un peu dans le détail, voire dans le trivial et l'éculé, ce qui fait que le livre est peut-être plus profitable pour les jeunes de 20 ans que pour les plus vieux. Honte sur moi, je suis en train de prétendre avoir un peu trop d'années pour qu'Alain me soit profitable - c'est en fait plus que je ne pense; j'ai quand même trouvé que malgré son côté "recette de cuisine pour une saine vie", ancêtre des livres de développement personnel, le livre d'Alain avait une certaine cohérence qui lui donne une direction générale claire, visible, sans doute même pédagogique.

La supériorité d'Alain sur Sartre.
Signalons aussi qu'on parle beaucoup du génie de Sartre, qui allait sans doute moins dans le trivial, mais qui au contraire d'Alain a raconté aussi un sacré tas d'âneries, et qui défendait Staline quand plus beaucoup de gens n'étaient assez bêtes, têtus et de mauvaise foi pour le défendre. Même avec le recul des ans, on ne voit rien à conchier dans le livre d'Alain; ça, plus le fait que tout ça est bien écrit, bien structuré, voire convaincant,
et on se retrouve avec un livre loin au dessus de tant de livres de recettes de bonheur. Alain n'injurie personne et ne parle pas de tuer des gens pour améliorer le monde; et ses développements sur la politesse et le savoir-vivre sont bons et beaux. Le fait d'avoir plus connu la vraie vie au lieu de la cuiller en argent de l'enfance de Sartre lui a-t-elle fourni plus de force contre la théorie obtuse ? Le fait d'aller dans le détail de la vie domestique est un peu irritant mais nettement moins pénible que certains écrits tardifs de Kant quant à comment ne pas trop s'enrhumer en veillant à ne pas se refroidir en respirant par la bouche.

Alain, la religion et le mariage.
La méthode Coué est aussi utilisée (non sans pertinence à mon sens) comme explication de l'efficacité religieuse: "Toute religion enferme une prodigieuse sagesse pratique; par exemple, contre les mouvements de révolte d'un malheureux, qui veut nier le fait, et qui s'use et redouble son malheur par ce travail inutile, le mettre à genoux et la tête dans ses mains , cela vaut mieux qu'un raisonnement; car par cette gymnastique, c'est le mot,
vous contrariez l'état violent de l'imagination, et vous suspendez un moment l'effet du désespoir ou de la fureur." Ne voyons pas là une défense de la religion comme moyen d'oppression du peuple; on verra plus loin très explicitement qu'Alain n'est pas du tout un religieux convaincu, et que s'il souligne quelques points efficaces, ce n'est pas du tout sans critique, et Alain est en fait un athée. La vie de couple n'est pas épargnée, avec cette recommandation du mariage de raison. Un atout du coup: ce livre du début du siècle défend des idées qu'on ne défend guère de nos jours et ça a le charme de l'originalité. J'aurai du mal à le suivre sur ce terrain, mais l'idée de ne pas saborder le navire au moindre petit souci est certainement de bon sens.

Alain et le stoïcisme.
Les stoïciens sont cités abondamment; on voit certainement un lien entre eux et Alain; mais Alain est plus pratique que Sénèque, et il s'intéresse plus au quotidien et à la bêtise des "tyrans domestiques" (souvent cités) qu'à la limite philosophique de la résistance à la douleur. C'est moins impressionant assurément que ces moines qui arrivent à ne pas crier et ne pas bouger pendant qu'ils brûlent vifs ou les amérindiens qui résistent à tout en silence; mais ça sert plus au quotidien. Enfin, Alain s'appuie sur George Sand pour souligner qu'il ne faut pas se laisser envahir par ses "humeurs", et ça donne envie de lire Sand.

Alain et Descartes.
Sans surprise, Alain est beaucoup branché Descartes. Descartes est certainement connu surtout pour son "Cogito ergo sum" et tout ce qui va avec; mais Descartes, c'est aussi un philosophe qui n'aimait pas (une grande partie de) la philosophie; comme lui, Alain n'a pas goût au développement théorique fumeux. Descartes n'aimait pas les théologiens fumeux, et Alain n'a pas cédé aux enthousiasmes stupides de philosophes réactionnaires du 20ème siècle; s'il aime la réflexion, Alain a comme Descartes quelque chose d'Ockhamien qui lui évite de partir dans la construction théorique déconnectée et dangereuse.

Alain et la mort.
Page 43, Alain parle de la mort. On a comme une proximité avec le Hagakure dont je vous ai parlé dans une autre page, via cette idée que "l'irrésolution est le plus grand des mots", empruntée à Descartes, développée par Alain, et bien proche de l'idée des samourais selon laquelle il faut être prêt à plonger dans la mort (quand on a le choix entre vivre et mourir, il faut sans hésiter choisir de mourir selon Tsunetomo; et seule cette résolution inébranlable permet d'être courageux face à la mort). L'idée est sympathique mais beaucoup moins percutante que dans Tsunetomo ou chez Mishima; il faut dire qu'en matière de mort, la culture asiatique est pertutante, et que l'occident est un peu à la traine à mon goût sur ce sujet (les parents asiatiques sont ils moins désemparés du coup que les parents occidentaux face aux questions des enfants sur la mort ?). Le chapitre d'Alain sur la mort apparait un peu fade en comparaison; mais sans jamais être tarte ou fumeux.

Alain et la vertu.
La politesse est un sujet majeur chez Alain, et la politesse bien pensée (belles phrases sur le savoir-vivre et sur la justesse de cette expression) a plein de saines conséquences. Alain parle de ce qu'il aime plus de ce qu'il
n'aime pas, et reste ouvert à la différence. Merci d'écrire qu'il vaut mieux applaudir la bonne musique que taper sur la mauvaise, et de dire qu'il faut avoir quelque chose de l'amitié entre Goethe et Schiller, qui tend vers le beau en laissant à chacun la liberté d'être ce qu'il est. Alain parle de vertu sans être tarte, et ne méprise pas, n'incite pas à mépriser, la quête du bonheur; pas plus qu'il ne réduit le bonheur au bonheur collectif; pas de simplisme et d'extrémisme chez Alain. Alain (avec Spinoza) dit que c'est le bonheur qui rend vertueux plutôt que le contraire; quelle belle idée que j'aimerais voire chez nos politiques certains jours.

Conclusions: une lecture à conseiller à M. Sarkozy ?
Alain (1868-1951)

Merci Alain! pour ces jolis passages sur la politesse, même si ça m'a irrité un peu parfois. Merci de signaler qu'il ne faut pas trop "étaler les petits mots de la vie". Merci de ces passages qui ne sont pas sans évoquer les neurones miroirs pour expliquer l'efficacité de la religion, de la politesse.
Un peu moins merci pour les passages sur le jeu, qui m'apparaissent plus confus et moins convaincants (ce que je suis râleur, alors!). Merci pour
le passage sur la France et l'Allemagne - à l'époque ces propos étaient bien utiles.

Saine lecture surtout pour la jeunesse sans doute;
peut-être est-ce un compliment qu'on peut faire à Alain qu'une bonne partie de ce qu'il a écrit est un peu de la culture de base aujourd'hui,
au moins pour un public nettement adulte (pas comme notre médiocre et triste président actuel, qui ferait bien des progrès s'il était capable de lire Alain), qui peut reste sur sa faim parfois. Le livre est un recueil d'éléments écrits pour un large public et cela se sent un peu; quoique je vois peu de lecture grand public qui soutiendrait la comparaison.
Il reste à voir si lire Alain à un âge où il correspond à un besoin peut palier à l'expérience
que l'on n'a pas; je laisse plus expert en pédagogie que moi développer ce point... Prenons l'exemple d'un président, peu au fait de ses dossiers
et peu adulte dans sa conception de la politique; deviendra-t-il un grand président en lisant posément Alain, ou faut-il qu'il vive et vieillisse pour trouver un peu de sagesse ?
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 09:20

 On embauche sur deux profils:
- vous avez un master 2: venez en thèse
- vous avez une thèse: venez en post-doc

Compétences requises:
- Solide expérience de programmation
- Un premier contact avec optimisation ou intelligence artificielle est un plus
- De bonnes bases de mathématiques appliquées ou statistiques sont un plus
- Bonnes capacités relationnelles très bienvenues.

Key words:
- Machine learning
- Open source & collaborative development
- Video games (first person shooting)
- Robotics

Contact:
olivier.teytaud@inria.fr
http://www.lri.fr/~teytaud/

Localisation:
Ile-De-France sud (RER B Orsay Ville)

Sujet:

This project aims at developing new machine learning methods relying on very large number of hand-designed heuristics, together with statistical tools to facilitate the design of these heuristics in an open and collaborative framework.
We define an heuristic to be any algorithm processing raw inputs to produce values relevant to the problem at hand. This purposely very general definition encompasses techniques spanning from simple signal processing to symbolic modeling or locally trained predictors. Since we assume high performance can only be achieved by combining hundreds of such heuristics, we propose to develop them collaboratively, in a way similar to the successful development process of open-source software or collaborative encyclopedia.
We will assess the performance of that strategy on the control of an avatar in a realistic 3D simulator and on the control of a real robotic arm, and we aim at creating a generic software platform usable on alternative applications.
Hence, the key aspects of this proposal are to:
- develop novel statistical techniques for prediction and goal-planning with a very large heterogeneous set of features,
- develop statistical tools such as similarity measures in the space of features to help the design of very large sets of heuristics by many contributors,
- assess the efficiency of this approach on a series of complex tasks in a realistic simulated 3D environment and with a real robot arm.

The five partners of the consortium are from the fields of applied and theoretical statistical learning, reinforcement learning, artificial vision and robotics.

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 20:58
Un très joli livre!
Petit Simon a un petit frère. Mince, en plus il va rester pour toujours!
Catastrophe. Et il y a des loups partout dans cette maison! Heureusement,
Simon va veiller sur son petit frère.

Le graphisme de la couverture ne fait peut-être pas très envie (enfin, je le trouve
pas antipathique non plus!), mais je vous assure que le livre est formidable.
Des textes rigolos, avec des répétitions et changements de taille bien faits qui encouragent
l'enfant à essayer de comprendre, et une histoire qui sent le vécu et où les enfants se
retrouvent.



Voilà, à la fois un bon moment,
- avec une longueur bien adéquate pour les petits de 3 ou 4 ans,
- donnant bien envie aux enfants de s'intéresser à ces grosses lettres qui changent de taille selon le type de phrases,
- avec un personnage principal plus vrai que nature qui croit que le petit
                 frère va partir et qui menace de faire caca partout,
- avec des loups pour de faux pour faire plaisir aux petits,
- et puis un dénouement tout mignon pour ne pas choquer les parents.
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 11:43

Vous avez un master d'informatique ou une thèse d'informatique ?
on embauche à Paris-Sud!

Les techniques de fouille d'arbre Monte-Carlo ont révolutionné le contrôle en temps discret en grande dimension. Participez à cette révolution et venez travailler chez nous!

Contact: olivier.teytaud@inria.fr

  • Si vous avez un master, venez en thèse (3 ans) pour innover en informatique et protéger l'environnement
    • Compétences requises:
      • Bonnes capacités au travail en équipe et à la communication (plusieurs équipes sont à l'oeuvre sur des ces sujets et il faut pouvoir interagir avec tout le monde);
      • Solides compétences de programmation
      • Des compétences en mathématiques appliquée ou en statistiques sont un gros plus.
      • Candidat très énergique requis; le candidat devra collaborer sur plusieurs applications (mais aura de l'aide sur chacun des développements, d'autres personnes étant financées sur chacune des tâches).
      • Les voyages à Taiwan sont obligatoires, le candidat doit donc ne pas avoir peur de passer 4 mois puis 8 mois à Taiwan (12 mois en tout).
    • Sujet:
    • Géographiquement:
      • Un tiers à Orsay (RER B arrêt Orsay Ville, http://tao.lri.fr)
      • Un tiers à Artelys (www.artelys.com)
      • Un tiers à Taiwan (deux voyages de 4 et 8 mois; logement et avion payés).


  • Si vous avez une thèse, venez en post-doc

    • Sujet: très libre, autour du thème des bandits.
    • Compétences requises: plusieurs profils envisageables:
    • Géographiquement: RER B, arrêt Orsay-Ville, Université Paris-Sud (http://tao.lri.fr)
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 11:12
Modèle fourni par "Youpi", Bayard, Août 2009, n°251.
Artisan: Clément, avec son papa.

La station avant peinture.


Construit avec:

  • des cure-dents
  • des rouleaux de papier toilette
  • des rouleaux d'essuie-tout
  • des petits bouts de carton pour faire ailettes et panneaux solaires
  • une paille coudée pour faire le bras articulé
  • des pots de Flamby


Outils: ciseaux, scotch.
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 14:17
Qu'il est beau ce livre!

Ce livre n'est pas le plus connu de Kafka (très loin derrière la métamorphose, le procès...), et pas le préféré de son auteur (loin s'en faut, si je ne m'abuse): peut-etre trop optimiste pour lui; en effet, on y trouve une bonne dose d'espoir, de sourire et de vie. Certains passages sont même attachants, et ça finit sur une touche positive. Quelques passages n'en sont pas moins dans le plus "classique" style de Kafka. Le bien connu passage "Le soutier", datant des tout débuts de Kafka, provient de ce livre.

=> je vous le recommande, meme si vous n'avez pas aimé le reste de l'oeuvre de Kafka, et meme si l'avis de Kafka sur son propre livre ne vous y encourage pas...

Rmqs (attention, je vous livre des infos sur la fin dans la suite!): parmi les lectures de ce livre, certains voient la fin comme très noire et d'autres comme très optimiste... Je me range résolument dans la deuxième catégorie. Je sais, ça n'est pas l'usage chez Kafka, mais rappelons que c'est une oeuvre de jeunesse, largement reniée par le Kafka ultérieur - à mon avis si on ne se laisse pas influencer par l'oeuvre ultérieure de Kafka, le livre est bel et bien résolument optimiste.
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 13:38
Qu'il est beau ce film!
Les affiches ne font pas envie. Ils ont trompé le public; le film est beaucoup plus
fin que les affiches ne le laissent croire. Je n'aurais jamais pensé à le voir si je n'étais
pas coincé dans un avion pendant 12h.



Le film est une "uchronie", c'est-à-dire qu'un point du passé est modifié et l'histoire se déroule à partir de là. Ce qui diffère à la base, c'est "docteur Manhattan": un super-héros, produit d'une erreur technique sur du nucléaire. Grâce à Dr Manhattan, les Etats-Unis gagnent la guerre du Viêt-Nam; sans cet épisode pour faire douche froide qui ramène les américains à la réalité, la population sombre dans l'inconséquence et le vice. Quelques justiciers, plein de faiblesses et un peu fatigués, se dressent contre la déchéance morale, avec un succès mitigé:


  • L'homme le plus intelligent du monde. Personnage central, qui veut sauver l'humanité, considérant qu'il faut la sauver et que pour cela il faut être conscient des travers humains et les utiliser pour sauver le monde.
  • Le Comédien; il meurt au tout début du film, mais on le revoit de nombreuses fois en flash-back. Peu confiant en l'espèce humaine, perturbé par le Viêt-Nam et par la conscience de la folie de cette guerre, il devient la caricature de ce qu'il combat.
  • Le Dr Manhattan, tout puissant mais qui doute parfois de l'intérêt de l'espèce humaine; il voit ses propres faiblesses, les mêmes que celles de ses congénères malgré ses capacités hors normes.
  • Le Rorschah, justifcier désabusé et droit dans ses principes jusqu'au dénouement. Un archétype de justicier sans faille et sans illusion.
  • D'autres personnages justiciers, plus humains et qui mettent les précédents en relief.


Les personnages sont bien typiques de contes, très typés; cela ne les empêche pas de n'être ni tout noirs ni tout blancs. Une vraie réussite. J'ai essayé ensuite les autres films de SF présentés par la compagnie et ai été bien déçu; "X-men origins, Wolverine" est une longue suite de coups, et la jeune fille en minijupe omniprésente dans "Push" ne parvient pas à remplacer un scénario et des dialogues.
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 12:21
Un très beau livre, pour enfants mais pas seulement, que j'ai lu avec beaucoup de plaisir avec mon fils. Même pour adulte un bien joli livre sur la différence, l'adolescence, la rencontre. Le plus épatant pour moi est que ça parle à des petits bonhommes de 7 ans, ce que je n'aurais pas deviné.



Je trouve peu à dire; mais la longueur de mon commentaire n'est pas à la mesure de mon grand respect pour ce livre, qui m'a convaincu de la grandeur, parfois, de la littérature jeunesse. Je tâcherai de regarder les autres livres de Mme Ferdjoukh!
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 12:10

J'ai adoré. Dépaysement assuré; un des livres qui m'a le plus marqué.

hagakure.jpg


Bon, ça n'est pas vraiment applicable de nos jours. Si vous appliquez la règle consistant à pourfendre toute personne qui vous bouscule, même s'il s'excuse poliment, sous prétexte que c'est la seule conduite digne pour un homme un vrai, il y a fort à parier que la vie va devenir compliquée dans le métro aux heures de pointes.

Mais le livre est "vivifiant", comme disait Mishima ("Quel ouvrage vivifiant et combien humain", disait cet écrivain quelque peu brutal). Les idées sur la mort sont particulièrement intéressantes, et, en effet, vivifiantes. Il faut sans doute toutefois adapter à la vie moderne l'idée selon laquelle, lorsque l'on a le choix entre vivre et mourir, il faut immédiatement choisir la mort.

Signalons que malgré un côté extrêmement "réactionnaire", bien peu pacifiste, le livre est sur certains aspects plus ouvert qu'on n'aurait osé l'espérer. On peut certes trouver un peu dépassé ce livre qui raconte un courant de pensée à peu près éteint (en dehors des films, dessins animés, livres), on peut aussi trouver que les samourais étaient un peu bourrins et "grégaires" (au sens où ils se conforment à une voie sans beaucoup la faire évoluer) et que le shintoisme qui transparait évoque une vaste secte médiévale, on peut enfin trouver assez peu utiles les connaissances sur le thème de la décapitation (la tête doit elle être complètement coupée ou non pour une bonne esthétique ?), le
livre reste fort agréable pour son folklore, pour la description
de la notion de voie, pour sa description de la gestion de la peur chez les samourais (du type si l'on sait ce que l'on doit faire, on n'a pas peur de le faire - mais c'est mieux dit et plus profond que ça n'en a l'air dans ma courte ligne de résumé). Certains thèmes présents dans cette traduction anglaise (incomplète elle aussi, mais la version intégrale serait sans doute trop laborieuse pour les lecteurs d'aujourd'hui) ne sont pas abordés dans les versions francophones, du moins à ma connaissance.

L'anglais est facile d'accès pour les francophones qui ont des souvenirs de lycée, et ce livre en anglais peut donc plaire à un public français qui souhaite une traduction un peu complète.

Certains sujets surprendront par rapport à l'image que l'on pourrait avoir a priori des samourais, comme l'homosexualité, la vieillesse - surprenante ouverture et maturité de l'auteur, voire touchant point de vue, d'un auteur vieillissant, sur le grand âge.

Ci-dessous une édition française, moins complète je crois (je les ai lus à pas mal de temps de distance, je ne garantis pas).

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Signalons enfin l'immense supériorité, à mon avis, de ce livre sur le traité des 5 roues, beaucoup cité et beaucoup plus limité à l'art de casser la figure à son prochain.
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Published by teytaud - dans Littérature
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