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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 22:18

Très bon livre.


Un livre qui survole ce qui ne va pas dans la psychologie, la philosophie, la politique humaine ces derniers temps; facile à lire car allant à l'essentiel sans verbosité inutile; bien documenté, sur des sujets peu évoqués ici et sans crainte d'aller dans le polititquement délicat à évoquer.

Un livre sur les principes, d'une part, avec par exemple "c'est une faute impardonnable que de transiger sur les principes fondamentaux sous l'éternel prétexte que les autres ne seraient pas prêts à les adopter. Il n'y a pas des droits de l'homme pour l'Europe, et d'autres droits de l'homme pour l'Afrique, l'Asie, ou pour le monde musulman."

Livre sur la décolonisation et ses travers, soulignant des responsabilités de l'occident avec par exemple << Souvent l'on entend dire que, dans les pays du Sud, l'Occident s'est aliéné "même" les élites les plus modernistes. [...] Il faudrait surtout dire [...] que l'Occident s'est "surtout" aliéné les élites modernistes, tandis qu'avec les forces rétrogrades, il a constamment trouvé des accomodements, des terrains d'entente, des convergences d'intérêt.>> mais aussi livre qui n'élude pas la responsabilité des peuples autrefois colonisés et surtout de leurs dirigeants dans leur évolution pas toujours reluisante. L'analyse dans cette partie du livre m'a paru particulièrement pertinente, réfléchie, et pas partisane ou "binaire". Un cas par cas très instructif. En particulier, la cas de Sukarno en Indonésie est très intéressant; plus encore le cas de Mossadegh en Iran; que serait devenu le monde si l'occident n'avait pas détruit ces régimes beaucoup plus sains ? Comme le dit l'auteur, "C'était la Guerre froide [...]. Mais si l'excuse n'est pas recevable pour les crimes communistes de Budapest en 1956, elle ne l'est pas non plus pour les crimes anticommunistes de Djakarta en 1966". Je ne connaissais pas Mossadegh avant de lire ce livre, et c'est bien de lire ça pour se dire que le monde aurait pu tourner autrement. Les meilleures pages que j'ai lues pour préciser, sans extrémisme, les responsabilités des colonisateurs dans l'évolution du monde, notamment musulman.

Livre sur la finance, un tout petit peu mais de manière percutante, avec les fameux discours de Greenspan, directeur du Federal Reserve Board, qui avait admis qu'il n'avait vraiment rien compris et rien vu venir, comme d'ailleurs tous ses collègues; discours capital vu qu'il a été prononcé par un type supposé maitriser parfaitement la situation. En conclusion, "Est-il besoin d'ajouter que [...] ce dérèglement financier est aussi [...] un dérèglement dans notre échelle des valeurs ?"

Livre sur l'écologie, pas assez technique (l'auteur dit lui-même ne pas être scientifique) mais pondéré, suggérant, de manière très intéressante, l'essort de la culture pour l'amélioration de la vie intérieure, pour réduire la frénésie de consommation. Les sciences et les arts au secours de la décroissance pour sauver la planète de la pollution ? Pourquoi pas. Peut-être qu'on mangera moins de viande (activité, à forte dose, hautement malsaine et hyper polluante) si on lit plus de philosophie, d'économie, de physique quantique; ça m'a l'air crédible. Remarquons qu'il aurait pu citer d'autres activités à pollution nulle et saines qu'il faudrait encourager autant que la philosophie ou l'étude de la relativité générale: la sexualité, la sieste... (non vous ne trouvez pas que c'est une bonne idée ?)

Livre sur les valeurs donc, vie intérieure, ouverture; l'auteur m'a fait bien plaisir par une argumentation soignée sur l'importance de l'éducation et la culture. Deux outils puissants contre le racisme et contre la bêtise surconsommatrice.

Il cite Toynbee, qui disait qu'il y a eu une longue phase préhistorique où les innovations étaient suffisamment rares pour que l'humanité s'uniformise, technologiquement, avant que de nouvelles innovations arrivent; puis qu'il y eut une période où les innovations se succédaient trop vite et où donc les civilisations, bien distinctes, se sont multipliées, avant une période finale où tout se réuniformise par l'accélération des communications. Il parle de Mandela , qui est allé boire le thé chez la veuve de Verwoerd pour bien montrer qu'il fallait la paix et non la vengeance.

Surtout, il parle longuement du monde musulman, et l'image de Nasser dans ce monde, de la perception que le monde mulsulman a eu des cinquante dernières années. Un point de vue intéressant, en tout cas pour ceux qui, comme moi, n'ont pas l'impression d'y connaitre grand chose. Au passage, on apprend quelques actions du jeune Saddam Hussein, à 22 ans; on comprend mieux comment il est devenu ce qu'il est devenu. L'impact de l'étrange mort d'Abdessalam Aref, tombé d'un hélicoptère. Quelques pages aussi sur la mesure de l'attentat suicide, de loin plus volumineux que les actes des kamikazes japonais, et ce que ça montre. Saddate et la façon dont il a été perçu. La comparaison avec la psychologie du monde chinois est intéressante.

Sont aussi cités les pays communistes musulmans, soulignant d'ailleurs que les similitudes avec les autres pays communistes montrent qu'il y a des déterminants politiques plus forts que les déterminants religieux. L'auteur consacre d'ailleurs des pages intéressantes à discuter l'impact de la religion, moins fort que l'on ne le dit, dans les pays musulmans malgré les préjugés qu'ont souvent les occidentaux sur ce sujet. L'existence d'une pensée anti-occidentale, irritée par Israël et les affres de la décolonisation, est abondamment précisée.

Livre qui propose des solutions, aussi; l'auteur propose notamment de favoriser le dialogue israëlo-palestinien entre les diasporas en Europe ou en Amérique, et de favoriser la pacification entre monde musulman et occident via les nombreuses personnes qui viennent chez nous et qui sont idéalement placés pour réconcilier ces mondes. Notons la discussion sur le contraste entre la perception que les occidentaux ont souvent des immigrés et la réalité (fortement diplômée) de cette population.

Des bémols ? Bien peu; simplement en tant que non expert, je me sens peu qualifié et n'ose trop dire que j'ai trouvé ce livre formidable, alors qu'il faut bien dire que si l'auteur avait glissé des âneries dedans je ne l'aurais pas vu... Donc je n'ai pas un avis expert, mais ça m'a vraiment intéressé.

Des idées originales, comme celles selon laquelle la centralisation du catholicisme (contrairement à l'Islam) a évite les dérives les plus extrémistes. Disons que ça aurait été pire sans centralisation selon l'auteur.

On rira un peu aussi, avec ces braves loufoques qui disent que le monde a été créé par Dieu le 22 Octobre en -4004, à 8h du soir - la parole de Dieu est drôlement précise, et ce sacré farceur a poussé l'humour jusqu'à vieillir des carcasses de dinosaures dans notre sol pour éprouver notre foi.

Quelques jolies citations du Prophète: "Le meilleur des hommes, c'est le plus utile aux hommes." "L'encre du savant vaut mieux que le sang du martyr." "Les savants sont les héritiers des prophètes." "Cherchez le savoir, jusqu'en Chine s'il le faut". "Etudiez, du berceau jusqu'à la tombe". Et cette phrase du Talmud: "Le monde ne se maintient que par le souffle des enfants qui étudient."

 

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 21:06

Je vous ai parlé ailleurs du très beau livre d'Edouard Launet sur le médico-légal (http://0z.fr/ernL1); ça vous vraiment le détour. Et bien ce livre est du même tonneau, avec un thème plus rose: le sexe!
(quoique j'ai tâché de faire un peu détourné, cette page n'est pas pour enfants...)

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782757815793.jpg
Remarquez, médico-légal et cul, ça peut aller bien ensemble. Quand quelqu'un meurt en essayant de faire l'amour à une pelleteuse, ou quand des gens s'électrocutent parce que monsieur avait un côté du 220V dans le derrière et madame l'autre côté, on sent que les deux sujets s'approchent. De même quand quelqu'un bricole un truc très compliqué pour qu'une machine très élaborée l'éventre juste un peu, et meurt malencontreusement parce que le réglage n'était pas top, ou lorsque l'asphyxiophilie va un peu loin.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0b/Excavator_in_Brittany_France.JPG
Moi, sexuellement, une pelleteuse, ça ne m'attire vraiment pas (cf texte). En même temps, ça me permet de mettre une illustration tout à fait décente sur ce sujet, ce qui n'était pas forcément évident a priori.

 

 

 

 

 

 

 

Mais il y a aussi d'autres cas qui ne rentrent vraiment que dans la sexualité. Grâce à ce livre, vous saurez de manière très scientifique que l'utilisation de la langue par monsieur est très appréciée de madame, mais aussi que si une femme qui aborde un homme très abruptement sur le thème "voulez-vous copuler ?" a une très bonne chance de réussite, il n'en va pas de même pour un homme qui serait tout aussi entreprenant (même si le pourcentage augmente un petit peu en commençant par demander l'heure).

Saviez-vous, preuves scientifiques et numériques à l'appui, que nos lointains ancêtres avaient semble-t-il déjà des godemichets doubles ? que les femmes aiment bien varier les plaisirs ? que des chercheurs passent beaucoup de temps à regarder des photos cochonnes sur internet pour compter combien il y a d'hommes et combien il y a de femmes sur chaque ?

La nature est formidablement bien faite. Lorsqu'un homme regarde une femme en train de copuler avec plusieurs hommes, son taux de spermatozoides mobiles augmente - il se prépare à la concurrence, quoi.



Remercions les scientifiques qui ont pris la peine d'établir scientifiquement que ça peut tout à fait être par erreur qu'on va vers le mauvais trou: ils rendent service dans les pays où un des trous peut provoquer des problèmes avec la justice (et oui il y a encore des pays où c'est condamnable...). Dans la même veine, on a envie de remercier les scientifiques qui disent que c'est par dévouement que certains pasteurs copulent hors mariage.
Il y a aussi des pays où un médecin qui utilise son doigt pour voir si son patient a une tumeur mal placée s'expose à des réactions violentes.

     Mesdames, pardonnez-moi, ce sont des scientifiques qui l'ont dit (cf texte).



Allez, un peu de choquant pour perturber les femmes: alors que les hommes hétérosexuels ne sont pas échauffés par des images de gorilles ou autres animaux qui copulent, ni même par des scènes mettant en jeu seulement des hommes, les femmes s'avèrent peu regardantes.

Plus classiquement connu, bien copuler est un bon symptôme au niveau santé; mais là où on va vraiment rigoler, surtout si on est adepte de techniques statistiques élaborées, c'est avec les articles utilisant des statistiques avec plein de dimensions pour représenter où sont les gens dans une espèce de cartographie sexuelle loufoque. Y'a des chercheurs qui doivent bien s'amuser. Enfin, il y a des scientifiques qui s'acharnent à montrer que copuler à deux c'est mieux qu'à un, et qu'hors mariage c'est moins bon pour la santé. Récemment, on a appris que les hommes intelligents étaient plus fidèles, mais ça c'est sorti après le livre de Launet, donc on ne l'y apprendra pas :-)

Enfin, sachez que la pratique dite "taghaandan", consistant à appuyer dessus très fort pour tout arrêter, peut avoir des conséquences très ennuyeuses (quoiqu'en général ça se répare), et qu'il faut faire attention aux objects qu'on met dans différents trous - certaines choses peuvent être plus difficiles à récupérer que d'autres.

   Je n'ose pas vous dire ce que ce
scarabée fait dans le livre...
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 11:38
Avertissement: l'auteur de ces lignes n'est pas expert en bibles, et discute donc le livre "la bible pour les nuls" (BPN), et non la bible elle-même. En outre, le nouveau testament est exclu du commentaire. Enfin, des erreurs peuvent subsister, de mon fait, et l'auteur de la BPN n'y est évidemment pour rien.

Edition "pour les Nuls".

Introduction.


On ne suit pas ici le plan de la BPN; on discutera des origines de la bible, de quelques expressions qui y ont leur origine, puis on soulignera les divergences de la bible avec une section dédiée aux aspects progressistes de la bible et une section dédiée aux aspects les plus réactionnaires. On évoquera brièvement la consistance de la bible avec les connaissances scientifiques.

Origines et contradictions.


La bible réunit un grand nombre de livres de sources diverses, eux-mêmes souvent dérivés de livres plus anciens (comme l'épopée de Gilgamesh). Abraham, un des personnages centraux de la bible, proviendrait ainsi du royaume sumérien; Moïse était en Egypte vers -1300; tout n'est donc pas de l'époque d'Israël et ses douze tribus. L'ancien testament aurait été rédigé en gros entre -1300 et +450, donc sur 2000 ans environ, alors que le nouveau testament aurait été rédigé entre +45 et +60. La bible telle que nous la connaissons a été grosso modo finalisée environ au 4ème siècle, avec néanmoins des retouches au 16ème siècle. Les plus anciennes copies retrouvées datent du 9ème siècle, à l'exception de la découverte récente (années 50) des livres qumraniens, datant du 1er siècle avant JC et selon l'auteur de la bible pour les nuls très proches des bibles actuelles). Des modifications ont été faites (contre-réforme) dans les versions catholiques au 16ème siècle par souci d'opposition à la réforme; la bible n'est donc pas la même selon les religions (d'autres différences existes - la bible juive, entre autres différences, ne contient pas le nouveau testament).

La bible contient des textes dont l'original est en grec, araméen ou hébreu.
La traduction des textes d'origine est bien complexe, et l'auteur de la BPN nous le montre en particulier pour les langues dans lesquelles les mots de la bible n'ont pas de traduction; dans certaines langues n'existent ni "chameau" ni "aiguille" et il est donc complexe de traduire le fait qu'il est plus difficile à un riche d'entrer au paradis qu'à un chameau de traverser le chas d'une aiguille. Certaines bibles ont ainsi été annotées de "points voyelles" pour figer une phonétique de l'hébreu biblique (l'hébreu est à base de consonnes seulement).

L'auteur de la BPN ne prétend pas être plus neutre que cela et a raison; il voit le nouveau testament comme une continuation de l'ancien testament, et considère comme acquis le fait que Dieu s'est révélé à Moïse.


Poésie, étymologie, expressions, symboles.



La poésie dépend des langues et des cultures, et bien sûr la poésie de la bible, sur la forme, est déroutante; au lieu de rimes, on fabrique des contraintes sur l'ordre alphabétique des vers et des symétries entre chapitres; des dissonances syllabiques sont aussi citées. Tout cela n'est pas sans évoquer l'oulipo.

Les 10 plaies d'Egypte sont envoyées pour taper sur le peuple Egyptien, parce que le pharaon voulait exploiter la main d'oeuvre bon marché que constituaient les hébreux.
On apprend plein de vocabulaire en lisant la BPN. Un tabernacle est un temple démontable utilisé par Moïse durant l'exode.
Caducée, qui aurait selon la bible des pouvoirs magiques pour se protéger des serpents.

Le Caducée est cité dans la bible comme outil pour se protéger des serpents.

L'Arc en Ciel est supposé symboliser l'alliance entre l'homme et Dieu.

La bible, un ouvrage gauchiste ?



Le livre "Michée" est plein de suggestions socialistes et progressistes. Il a été un peu négligé en cours de route quand l'Eglise a accompagné les pouvoirs les moins sympathiques.

Le livre des "Nombres" a inspiré la contestation de l'esclavage, les Negro Spirituals "Let my people go"; c'est l'avantage d'être dans la bible, comment interdire un texte biblique ?

Le livre Ruth est nettement plus "rock" que d'autres parties; on y parle même de tolérance vis à vis des étrangers (par opposition notamment à Esdias 10 et Néhémie 13.23-27). Dans Ruth on évoque aussi la "provocation sexuelle" comme moyen employé par Ruth pour arriver à ses fins, sans condamnation du procédé.

La bible, un ouvrage réactionnaire ?



Dans le livre "Josué" de la Bible, Dieu fait franchement dans la boucherie.

Les livres anciens ont toujours le charme de présenter des cultures bien différentes. Quoique cela soit moins marqué que dans l'épopée de Gilgamesh où la prostitution semble le top de la réussite sociale, la bible n'a pas
de crainte à être politique incorrecte pour nos yeux d'aujourdhui: ainsi, la bible affirme que l'homosexualité c'est mal, et n'objecte rien au fait de massacrer pour la pureté de la race. J'aurais aimé que l'auteur de la BPN se démarque un peu de ces deux points de vue. Page 188, comment peut-on citer cette histoire de "préserver la race" sans prendre le temps de la condamner avec la plus grande fermeté ? Même Eric Besson ne se permettrait pas ça.

L'un des livres de la bible, le "lévitique", évoque la mise en place du clergé, une théocratie qui devait durer jusqu'aux séparations église/état récentes (encore contestées, même chez nous, par des politiciens bas de gamme). Le lévitique n'est donc pas le sommet de l'ouverture d'esprit, d'ailleurs il affirme que se comporter bien est une chose, mais que pour plaire à Dieu il faut surtout le reconnaitre. L'exclusion n'est pas loin.

Job doit accepter le malheur, sans s'y opposer, car telle serait la volonté de Dieu. Ca n'encourage pas à la révolution. Dans la même veine, l'auteur de la BPN, dans une digression, juge démobilisante des questions comme "Que vais-je faire de ma vie ?", question que je trouverais pour ma part hautement mobilisante.

La bible et l'histoire



La bible nous raconte l'histoire ancienne, avec certes une précision douteuse. L'auteur de la BPN trouve que la Genèse est en gros consistante avec les sciences, du fait que les différentes choses sont apparues selon les scientifiques à peu près dans l'ordre affirmé par la Genèse, ce qui me parait un peu contestable et me fait douter des autres éléments et je m'abstiens par manque de connaissance d'aller au delà sur ce terrain.


Conclusion.

Il est sans doute difficile de trouver quelqu'un de vraiment neutre sur la bible qui accepterait de passer des années à l'étudier pour la discuter rigoureusement et avec neutralité. La BPN est sans doute pas si mal dans cet esprit, sans y parvenir tout à fait et sans prétendre y parvenir. L'unité du livre est déjà un présupposé (multiplement réaffirmé dans la BPN) qui me parait inacceptable, tant l'ancien testament et le nouveau sont déjà bien distincts, et tant d'un livre à l'autre on passe d'auteurs qui pourraient défendre Sarkozy à des auteurs intelligents. J'apprends néanmoins beaucoup et facilement en lisant ce livre.
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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 10:47
On dit qu'oublier l'histoire c'est se condamner à la revivre; alors il faut lire "Le Monde d'Hier". Les numéros de page se réfère à l'édition Pierre Belfond avec l'opéra de Vienne sur la couverture.

Stefan Zweig


"... ô vous, mes souvenirs, [...] rendez au moins un reflet de ma vie, avant qu'elle sombre dans les ténèbres." D'emblée, Stefan Zweig commence son livre en annonçant qu'il va mourir après l'avoir écrit. Ca donne le ton.

Stefan Zweig contestataire.



Stefan Zweig nous fait partager son sentiment sur l'école du 19ème en Autriche; ce n'était sans doute pas beaucoup plus joyeux dans les autres pays. Cinq langues étrangères, plus toutes les autres disciplines scolaires; beaucoup trop selon lui. Mais surtout, Stefan Zweig dénonce un enseignement "machinal et sans chaleur"; frontal, comme on dirait aujourd'hui. Lycée triste jusqu'à son architecture, professeurs ennuyeux et sans énergie ("je ne vois plus un seul de leurs visages, peut-être parce que nous nous tenions toujours devant eux les yeux baissés et indifférents"), l'opinion de Stefan Zweig est radicale. Il est plein d'éloge par contre pour l'école qui a suivi, plus libre, plus gentille; il est heureux de voir les enfants partir à l'école "sans aucune crainte". Et aujourd'hui, dans quel sens va-t-on ?
"L'enthousiasme est ches les jeunes gens comme une maladie infectieuse"; et Zweig montre son engouement pour l'apprentissage qu'on dirait actif de nos jours. La pédagogie Freinet n'est pas loin. "L'endroit où se faisait le mieux notre instruction des choses nouvelles, c'était le café." "Nous lisions sous nos pupitres Nietzsche et Strindberg." Zweig admet aussi que l'envie de dépasser les autres est souvent le moteur pour apprendre; "le plaisir d'être en avance sur les autres étaient notre passion (à laquelle j'ai personnellement sacrifié encore bien des années durant)." Il affirme que la jeunesse, scolarisée mais peu scolaire, connaissait Rilke bien avant que Rilke soit célèbre. Zweig affirme que selon lui si on n'est pas passionné de savoir pendant sa jeunesse, il est trop tard plus tard pour rattraper le coup.

Et la sexualité dans tout ça ? Zweig explique à quel point, en dehors de la Russie, les écrivains de l'époque ne pouvaient, ne savaient, évoquer la sexualité et les moeurs autrement qu'en termes très édulcorés. La société était selon lui à cette image; Zola passait pour pornographique. Dans les classes bourgeoises (et seulement celles-ci), que devenait alors la jeunesse, et comment s'initiait-elle si la société était si prude ? Les jeunes filles étaient maintenues dans l'ignorance et s'habillaient de manière compliquée avec moultes couches de jupon pour cacher leur corps (se vêtir demandait une aide extérieure) et étaient supposées n'avoir aucun désir sexuel avant de rencontrer le mari. Les jeunes garçons étaient (à part les familles dites d'esprit éclairées qui prenaient en charge leur "éducation", possiblement en leur fournissant une bonne chargée de l'éclairer) souvent habitués à fréquenter les prostituées, avec le cortège de maladies qui allaient avec vu le peu de connaissance des jeunes en la matière à l'époque.

Il était ainsi scandaleux pour une femme de prononcer le mot "pantalon", et inimaginable d'en porter un; les premières femmes qui montèrent à cheval risquaient les jets de cailloux. La nature expulsée par la porte revenant par la fenêtre, la pornographie était partout, la prostitution remplaçait une sexualité normale. Comme la prostitution faisait désordre, l'état était bien ennuyé, zigzagant entre l'interdiction dans certains cas et l'autorisation dans d'autres, l'interdiction totale étant socialement impossible vu le rôle massif de la prostitution dans la sexualité de l'époque; et les prostituées étant dans tous les cas perçues comme profondément mauvaises et sans recours en cas de client indélicat.

Zweig n'est pas unidirectionnel; il ajoute que les femmes de l'époque, cachées aux regards, avaient un charme mystérieux supplémentaire ("y a-t-il aujourd'hui encore des jeunes filles qui rougissent ?").

Autre point sur lequel Zweig est acide: l'âge des dirigeants. Mozart a arrêté sa carrière à 36 ans, Schubert à 31; comment peut-on ne confier la musique qu'à des vieillards ? Et c'est pire en politique, avec des dirigeants vieillissants ne veillant qu'à préserver le passé, qu'à éviter tout progrès. Zweig fait plaisir par sa capacité, malgré son âge, à ne pas vouloir que des vieux au pouvoir.


Il rencontre Théodore Herzl, en 1901, avant qu'il ait fondé le mouvement sioniste (pour le droit des juifs à vivre sur une terre). Herzl lui permet sa première grande publication, et Zweig était jeune, heureux, ému, comme un sergent à qui l'on aurait remis la "légion d'honneur". Il rencontre aussi Rilke, et se demande si "de tels poètes, dévoués tout entiers au pur lyrisme seront-ils encore possibles dans [cette] époque de turbulence et de désordre universel ?". Le portrait de Rilke est très détaillé et montre l'immense impression que fit sur Zweig cet homme fuyant la renommée, "cette somme de tous les malentendus qui s'accumulent autour d'un nom".

Ah, la paperasse. Page 474, Zweig explique à quel point les paperasseries liées aux traversées de frontière lui paraissent une vexation, une injure inutile, une création ridicule des nationalismes. Son statut de réfugié lui a pesé, a pesé lourd dans sa décision de mettre fin à ses jours.

Les littéraires ne sont pas (pas tous :-) ) des vieux réacs aigris. On voit plus loin Zweig prôner la justice légère, ne frappant pas stupidement les voleurs de dangerosité nulle; Zweig s'oppose plus à la bêtise embourgeoisée qu'à la misère sociale.

Page 371, Zweig explique que beaucoup d'auteurs sont un peu pénibles par les longueurs de leur livre. Les jeunes qui souffrent sur des romans trop longs apprécieraient sans doute ces pages; Zweig ne défend pas les pages inutiles, et son succès lui parait dû principalement à cette qualité qu'il passait surtout du temps à enlever l'inutile. Ca me rappelle Dutour qui disait qu'il passait surtout du temps à enlever le style.

La montée des nationalismes et totalitarismes



Zweig a été enthousiasme sur l'Europe, la paix, le progrès technique et moral. La chute a été d'autant plus rude, avec l'immense défaite de la raison qu'a été la montée des nationalismes brutaux.

Adolf Hitler n'aimait pas Stefan Zweig.


Les européens étaient prêts de faire une seule nation, s'enthousiasmant des progrès techniques (les dirigeables, Blériot traversant la Manche) indépendamment de leurs nations d'origine. Zweig parle de fraternité universelle. Mais la folie nationaliste s'approchait.

Page 81, on voit l'Autriche et le monde commencer à bouger d'un calme positivisme optimiste un tantinet vieillissant. Le socialisme fut le premier grand mouvement des masses. Jusque là le privilège de voter était réservé aux riches; les masses étaient prêtes à écouter les militants du suffrage universel. Mais le mouvement n'était pas archi-violent comme le sera plus tard le mouvement nazi; on négocie, on discute, les choses s'arrangent; "on n'avait pas encore inventé le système actuel qui consiste à assomer les gens à coups de matraque et à les exterminer, l'idéal de l'humanité était encore vivant même chez les chefs de partis bien qu'à la vérité il commençât à défaillir." Puis arrive le parti national allemand, qui prépare en Autriche l'annexion à l'Allemagne; "numériquement faible, il suppléait à ce défaut par une agressivité sauvage et une brutalité sans mesure".

Paeg 247, on apprend comment l'espionnage de l'Autriche par la Russie a été rendu possible par des pressions sur un autrichien haut placés dont les russes avaient découvert qu'il était homosexuelle. On aurait aimé que Zweig en profite pour dénoncer le fait que l'homosexualité soit perçue comme un crime si horrible qu'on pouvait pousser un homme au pire en le menaçant de dévoiler son homosexualité.

Page 248, Zweig parle des plus Cassandre de l'époque, les seuls qui avaient raison, qui disaient que malgré tout ce qui semblait aller bien, la folie pouvait revenir et la guerre pouvait tout détruire. La minorité qui pronostiquait le pire avait raison et était même en deça de ce qui arriva. Rolland était pessimiste, Zweig le devenait aussi; il se reproche beaucoup, dans tout le livre, d'avoir compris trop tard pour agir.

Page 392, Zweig comprend à quel point son voyage en Russie est entâché de mensonges et à quel point ses interlocuteurs lui cachent des choses. Grâce en particulier à un anonyme qui lui cache une lettre dans le manteau, dans laquelle il explique les mensonges et lui demande de détruire cette lettre par le feu pour éviter qu'elle soit extraite de la poubelle, reconstruite et lue, Zweig n'est pas tombé dans l'idéalisation du socialisme russe comme d'autres auteurs de l'époque.

p418, Hitler brièvement au pouvoir en 1923, avant de retomber en prison. La plupart des intellectuels méprisent trop cet agité pour voir le danger.

p462, Zweig espère. Le Brésil lui parait bien plus pacifique. Mais il voit aussi la mondialisation par la technique; où que l'on aille, la fureur d'Hitler envahit la radio et excite les masses.

p471, quand Zweig explique ce scandale d'un homme interdit de rester veiller une morte car il est juif et n'est pas autorisé à rester près de la garde-malade; la loi craignait que les juifs corrompent le sang des femmes. Ca m'a rappelé, dans les années 2000, ces enfants que j'ai vu en prison parce que leurs parents qui avaient fui la discrmination dans leur pays d'origine (enfin, on appelle ça un centre de rétention); c'est bien proche.

Et les fausses notes ?

Stefan Zweig m'a bien plu. Y a-t-il quand même des points qui fâchent ? Oui.

La première fausse note est de l'aveu même de Zweig un engagement tardif et trop modéré. Obtenir la libération d'une personne en priant Mussolini n'est pas si grand. Mais Zweig l'a complètement reconnu lui-même; quoi d'autre ?

Page 362, Zweig nous dit que les sociétés secrètes qui pillonaient la paix était "fort mêlées d'homosexuels". Plus que le reste de la population, vraiment ? Les homosexuels ont-ils eu la vie si belle pendant le troisième Reich ?

Quoi d'autre ?



Zweig était passionné d'autographes et de textes manuscrits originaux en tout genre; c'était sa première fierté. La perte de cette collection l'a affecté.
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 21:55
La psychologie sociale c'est sympathique, surtout en cette période où la démagogie et le commercial sont partout. Je vais donc vous parler de l'excellent "Psychologie sociale" (Dunod, en prime à moins de 12 euros). D'emblée j'avertis que je suis très bref ci-dessous, trop bref; allez lire le livre pour en savoir plus, ou fouillez la littérature scientifique, je ne peux ici tout recopier (et ce serait peu fair-play pour les auteurs du livre ci-dessous)...

Du bon (je trouve) pas cher (12 euros).












Quand est on le plus susceptible de se comporter comme un bourreau sanguinaire ?
Les célèbres expériences de Milgram (devenues célèbres via un film qui doit, je crois, être "I comme Icare") sont quelque chose que tout honnête homme doit connaitre; Milgram voulait comprendre la barbarie nazie et il a bien réussi à éclairer le phénomène en réalisant des expériences ou des sujets doivent torturer quelqu'un (la "victime" est en fait un acteur qui simule la douleur due à des chocs électriques, et le cobaye envoie de fausses décharges sur ordre d'un complice). Qu'on vous demande de commettre l'horreur sera beaucoup plus efficace:
  • si vous n'avez pas à toucher celui à qui vous faites du mal;
  • si vous êtes dans des locaux propres;
  • si personne ne désapprouve (comme quoi s'opposer est utile...);
  • s'il n'y a pas à être actif pour commettre la torture mais seulement à laisser faire;
  • s'il y a des gens avec vous qui eux obéissent sans sourciller.

Lire les expériences de Milgram, ça vaut le détour. Meeus et Raaijmakers (1986) ont montré que le taux d'acceptation était encore beaucoup plus grand quand il s'agissait de tortures mentales, genre se payer la tête d'un chômeur en lui mentant pour justifier le fait qu'il n'aura pas le travail qu'il convoite.

L'érotisme favorise-t-il la violence ?


L'érotisme favorise la violence ; et oui, surprenament, les films cochons rendent plus les gens susceptibles de réactions brutales que les films violents. Ca fait réfléchir quant à l'impact de la pornographie. On va dire que je suis réac, mais c'est comme ça, j'aime pas les journaux vulgaires qui sont visibles par tous et surtout pas les plus jeunes dans les devantures des kiosques à journaux. (Banduran 1973)










Et si on met une arme en plus dans l'image ?

Signalons aussi les travaux de Berkowitz et Lepage (1967), qui ont montré que l'image d'une arme, dans une situation d'irritation, rend plus susceptible de violence, même si l'arme ne peut être utilisée pour la violence en question.

Donner des préjugés aux gens. Staats et Staats ont montré en 1958 que si on répète à des gens des noms de nationalité accompagnés d'adjectifs péjoratif (resp. laudatifs), ils développent des préjugés négatifs (resp. positifs) sur les nationalités en question. C'est dire si les débats et discours idiots sont dangereux. Peut-être que ça fait du sens, la législation française qui limite la liberté d'expression sur ces sujets.

Rendre les gens résistants aux préjugés. Mac Guire (1964) et Papageorgis (1968) ont montré la théorie de l'inoculation et de la mise en garde: quand les gens sont exposés à des arguments de manière modérée et discutée, ils y résistent mieux si les arguments leur reviennent plus tard en force; et si on prévient quelqu'un qu'on va tâcher de la convaincre de quelque chose, il est mieux préparé à y résister. Moralité les cours d'histoire et l'accès aux études supérieures, lieu de débats par excellence, sont utiles. D'ailleurs les gens qui n'ont pas fait d'études supérieures votent beaucoup plus facilement pour des extrémistes démagogues, comme ceux qui nous gouvernent actuellement en France.

Rationalisation a posteriori et mensonges rémunérés. Festinger et Carlsmith (1959) montrent que si on paie quelqu'un très cher pour pipoter, il le fait en trouvant ça mal, alors que si on le paie très peu, il le fait et
trouve vraiment son geste intéressant; puisqu'il a accepté de le faire sans être bien payé, c'est que ça doit être intéressant. Deux remarques: (1) on trouve a posteriori une raison à ce qu'on a fait, (2) on a plus de difficultés à faire un truc malhonnête quand on est mal payé. Peut-être qu'on devrait moins payer nos politiques.

Technique du pied dans la porte, dite aussi de l'amorçage. Cialdini et al (1978) constatent que si on commence par présenter un peu malhonnêtement les conditions d'une demande, on a plus de chances d'obtenir une acceptation; typiquement, on commence par demander un peu, puis on précise qu'on veut plus. Technique marketing répugnante mais efficace. Est-ce vraiment formidable que plein de jeunes veulent faire du commerce ? C'est ça qui est utile à l'humanité et c'est ça que l'on veut comme futur ?

Dissonance cognitive: on éprouve moins d'inconfort à s'être mal comporté si l'on a été bien rémunéré pour ça. Les primes individuelles sont un bon moyen de favoriser les comportement immoral.

Ordre des informations. Ascg (1946) montre que l'on prend beaucoup plus en compte les premières informations données que les dernières dans ce que l'on mémorise. Les slogans en gros, avec les détails loin derrière, c'est immoral mais ça marche.

Grégarité dans l'anxiété. Schachter (1959) a établi que l'on tend plus à vivre en groupe en situation d'anxiété.

Qui apprécie-t-on ? Newcomb 1961 montre que l'on tend initialement à croire que nos amis partagent nos opinions, mais à terme l'on garde les amis dont les opinions sont proches des notres. C'est pas très étonnant et plutôt rationnel sans doute.

Comment être persuasif ? Il est préférable de ressembler à son auditoire, d'être grand, d'être beau, de parler vite... Ah les préjugés. Vous voulez un truc un peu horrible ? Même les bébés sont influençables par le physique.

Aime-t-on la froideur ? En général, on préfère les gens chaleureux, mais on a une tendance supplémentaire à apprécier quelqu'un dont le premier abord était froid s'il s'est "réchauffé" ensuite, selon Aronson et Linder 1965. Un peu étonnant pour moi... Est-ce vrai même pour des adultes sains et équilibrés ?

L'imitation sociale . L'imitation des adultes par les enfants est plus forte lorsque l'adulte a une relation positive avec l'enfant (Bandura, Ros et Ros, 1963).

Signalons aussi les travaux de Shaw (1932) qui ont montré que les groupes peuvent être plus efficaces que les individus seuls pour résoudre des problèmes, mais pas toujours; le détail est complexe et je vous laisse aller voir le détail dans cet ouvrage. Signalons quand même qu'Asch (1951) a pu faire dire de sacrés âneries à des gens censés, en les mettant au milieu d'un groupe qui disait vraiment n'importe quoi. De Gaulle n'aimait pas les partis.
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 21:31
Vous suivez la série Bones ou NCIS ? ou un autre polar où les cadavres sont fréquents et où les médecins légistes en plein délire ? Vous voulez connaitre l'histoire du gars qui est mort en voulant faire l'amour à une pelleteuse ?
La série médico-légale Bones; mais le livre dépasse la fiction.

Sachez que la réalité est au moins aussi éblouissante que la fiction. Entre ceux qui se suicident
en se plantant des clous dans la tête, ou en se tirant une dizaine de balles, ou en penchant la tête par la fenêtre de leur voiture au moment de croiser un panneau, on voit qu'il devient difficile de différencier suicide et meurtre. Et les meurtres sont forts eux aussi: on peut tuer à la tronçonneuse, 
Un livre fascinant sur la médecine légale.

et on sent qu'il faut de l'expertise pour faire de la différence entre un suicide à l'explosif et un meurtre à l'explosif (allez voir le livre pour connaitre la solution!). Très documenté, l'auteur est un ex-ingénieur qui s'est bien amusé avec la littérature médico-légale. 

Le sujet n'a pas l'air drôle comme ça, mais sachez-le: le même auteur a fait un livre sur la littérature scientifique sur le sexe. Remarquez que certains sujets sont communs aux deux: ainsi les décès par asphyxiophilie, les gens qui prennent tellement de plaisir sexuel à s'asphyxier qu'ils en meurent. Y'a plus original avec les gens qui s'électrocutent en voulant s'exciter. Tous les goûts sont dans la nature, et les livres de M. Launet valent vraiment le détour.

Pour finir, ne tirez pas en l'air pour faire la fête: ça tue beaucoup de monde quand la balle retombe, dans certains pays où tout un chacun se promène avec une mitraillette et aime manifester sa joie.
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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 14:58
"Chung Hyo Ye", Esprit et culture de Corée III, par Yong Hwa.

Avertissement: je n'ai passé qu'une semaine en Corée, et ai lu le "Chung Hyo Ye"; je donne ci-dessous des impressions de voyage et de lecture, qui ne prétendent pas être un compte-rendu précis, scientifique, journalistique de la Corée. Tout commentaire sur ce qui suit sera pris en compte.

Ce n'est pas exactement l'édition que j'ai, mais c'est le même motif.


Livre offert par la Corée, qui est en plein dans la tradition d'offrir des cadeaux tout le temps pour entretenir de bonnes relations, et qui m'a demandé de transmettre le livre en question à une bibliothèque française quand je l'aurai lu, ce que je vais m'empresser de faire. Ce livre absolument passionant est un concentré de culture coréenne, vue à travers les contes traditionnels.

Chung, c'est la loyauté envers son pays et son peuple.
Yo, c'est la dévotion filiale.
Ye, c'est la conduite de vie vertueuse.

Je vais ici m'éloigner beaucoup du livre pour parler plus généralement de la Corée du Sud voire de la culture asiatique.

La Corée, traditionnelle et moderne à la fois.

C'est peu de dire que la Corée défend le mélange de tradition et de modernisme, affiche sa tradition, et que c'est beau. Notons que la Corée défend sa tradition sans être réactionnaire; j'ai vu dans leur télévision des cours filmés d'intégration des étrangers, très tournés vers l'ouverture. Est-ce-que ça marcherait en France pour finir d'achever le front national ?
J'ai en tout cas eu le sentiment (et ce n'est pas le cas de tous les pays asiatiques!) qu'on n'avait pas, ici, de répugnance pour les étrangers, qui ne sont pas perçus ici comme une caste inférieur. La conception de l'accueil de l'étranger m'a rappelé Taiwan, mais il faut dire que j'ai eu moins l'occasion de fréquenter la population qu'à Taiwan et mon avis peut être bien peu fiable.

Les valeurs fondamentales en Corée.
Les coréens m'ont dit, et ce livre le dit aussi, que leur culture comportait (i) le respect des parents (ii) le respect des dirigeants (iii) l'éducation; c'est surtout (iii) qui m'a frappé, et selon les coréens, qui occasionnellement échappent une petite, voire une grosse pique sur le japon (bilan de l'histoire très violente entre ces deux pays, et certainement aussi du manque de bonne volonté des japonais pour reconnaiître la violence de leur armée lorsque le japon cherchait à envahir ses voisins coréens et chinois), chez les japonais on trouve des valeurs proches plutôt dans l'ordre (ii) (i) (iii). Pour un français, gageons que (ii) paraitra trop fort déjà en Corée, car les spots télévisés à la gloire de dirigeants récents, même lors de leur décès, seraient très mal perçus (comme manquant de neutralité politique) chez nous.

La "pureté" semble souvent citée, pour les jeunes filles, et semble associée aux cheveux longs (mais j'ai mal compris ce point).

Petites anecdotes sur la Corée.
On trouve des toilettes comme au japon: avec petit jet d'eau pour nettoyer les fesses et chauffage du trône.

A l'hotel il y a une attraction pyrotechnique tous les soirs semble-t-il. Hier, c'était un volcan artificiel avec des flammes sur l'eau et des jets d'eau sur lesquels sont projetés des monstres qui rappellent les dessins animés japonais; après l'éruption du volcan, un dragon cracheur de feu très impressionant sortait de l'eau pour rappeler qui est le boss en crachant du feu un grand coup.


L'éducation en Corée.

Il est répété dans le livre Chung Hyo Ye que les enfants doivent accepter que les parents se sacrifient pour qu'ils puissent étudier; leur devoir est de bien travailler à l'école, et non d'arrêter les études tôt pour pouvoir rentrer à la maison aider leurs parents.

Concrètement, la Corée du Sud a mis le paquet sur l'éducation, et ça paie.

En Corée du Sud on a une criminalité très très faible (comme au japon), le peu qu'il y en a est souvent de la criminalité organisée parait-il. Une plaisanterie dit que la criminalité a doublé: de 2 vols l'année dernière, on est passé à 4 cette année.

Les gens sont souvent bardés de diplômes; là-bas, il n'est pas concevable d'arrêter les études avant 18 ans. En pleine crise, le chômage est monté à 4%, ce qu'on aimerait bien voir chez nous même quand tout est supposé aller "bien".
Un exemple de partie de Go.
Le jeu de Go est une part de la culture ici. Il y a une chaine de télévision dédiée au jeu de Go (les Coréens sont des maitres dans ce domaine), et plusieurs chaines dédiées à l'école (une au moins en continu, présentant de vrais programmes éducatifs incluant sciences et mathématiques, plus une chaine dédiée à la culture coréenne). A la télévision je voyais des cours avec deux enseignants et bien peu d'élèves; est-ce une généralité en Corée ?

L'Ile de Jeju.

L'ile de Jeju est une province autonome, très touristique, avec plein d'attractions pour riche; aromathérapie à 225 euros la séance, fitness, body building, massages chers et autres. J'aurais aimé un hotel moins chic parce que j'étais, faute de choix, dans le genre d'endroits qui me rend trostskiste agressif.

Volcan, sur l'Ile de Jeju

L'ile est splendide au niveau nature, et des jardins un peu à la japonaise et sont délicatement intégrés. On y trouve des musées partout (musée de l'art africain, musée pas pour les enfants, parc à dinosaure, parc des reptiles, musée des ours en peluche, etc...). Les seules vérues sont les hotels, énormes structures en béton, d'une laideur mal masquée par les statues qui essaient de sauver l'aspect de l'ensemble. On trouve aussi des tunnels à lave, que l'on peut visiter.









La spécialité locale est la statue à chapeau rond (pierre volcanique, dirait-on ?). Je n'ai pas assez de connaissance pour vous en dire plus... Voyez aussi la splendide statue en photo ci-contre.

Alors que la Corée donne un certain sentiment de "pruderie" (sans exagération), on pourra noter le "love park", dont un échantillon apparait en photo et est loin d'être coincé.



La politesse Coréenne.

La politesse est très marquée dans la gestuelle, ce qui ne veut pas dire qu'elle soit forcément plus forte qu'en France dans tous les domaines.
Ici ça ne se fait pas de tenir la porte à la personne qui entre derrière soi.
Les formules de politesse et courbettes sont compliquées et codifiées, en fonction de l'âge (et du niveau d'étude m'a-t-on dit). Ca m'a rappelé Taiwan, où le respect du grand âge était flagrant et très attachant. La politesse envers les parents fait appel à des mots spécifiques et est très forte; on doit, ici, être discret quand les parents parlent, et les contes sont éloquents; une jeune fille sacrifie sa vie (en se vendant à des marins qui vont la sacrifier dans les eaux pour calmer les eaux) pour que son père puisse se soigner dans son grand âge; un jeune garçon se découpe la cuisse pour pouvoir faire manger un peu de viande à sa mère qui en a besoin pour guérir. Il est à noter que dans ces deux contes, l'acte est fait sans être affiché, et est même caché au bénéficiaire du sacrifice.

Quelques éléments de politesse ici:

  • ne pas se moucher à table;
  • il n'est pas ici requis de veiller à ne pas pousser les gens en marchant dans la rue, parait-il; cela ne m'a pas frappé toutefois, alors que dans certains pays asiatiques cela est flagrant m'a-t-on dit de première main;
  • toujours donner (ou prendre) quelque chose à quelqu'un à deux mains;
  • ne pas sentir ou commenter les odeurs de cuisine;
  • poser ses chaussures à l'entrée.

Signalons qu'ici un "banquet" peut durer 1h20, comprenant apéritif, spectacle, repas; ça n'est pas la conception française du banquet.


Autres éléments de culture asiatique.

L'âge est compté, en Corée, en incluant le temps passé dans le ventre de sa mère.

Beaucoup de modèles dans les revues coréennes sont blanches.
Les coréennes semblent souvent acheter des produits pour blanchir. Ca m'a bien déçu, et peut-être que les coréennes devraient interroger les européens sur leur avis sur elles et peut-être qu'elles n'auraient plus envie de blanchir.

Je vais diverger vers la culture asiatique en générale. Une Taiwanaise m'a dit qu'elle me souhaitait que mes enfants aient une dentition comme la mienne avec les incisives qui dépassent beaucoup. A ce moment là j'ai cru un instant qu'elle cherchait sa baffe, mais non, il parait que là-bas c'est bien perçu d'avoir les dents comme ça.

J'oubliais que la danse "rotative" (ça tourne beaucoup, avec des longs "fils" accrochés sur la tête, je connais pas le nom...) coréenne traditionnelle est complètement éblouissante; à la fois archi-tonique, rythmée, élégante, vraiment excellentissime. Nettement mieux que la démonstration de hip-hop coréen, qui n'était pas vraiment éblouissante à mon goût, mais il parait pourtant que le hip-hop coréen est en général très fort - j'ai dû mal tomber.

La cuisine coréenne est parfaite à mon goût, du moins pour la plupart des plats - par contre parfois on peut tomber sur du très, très, très fort sur lequel je n'ai aucun avis - impossible pour moi d'avaler un truc aussi fort. La nourriture semble plutôt plus diététique que la cuisine française, je crois.


Le drapeau coréen.
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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 11:24


  "Propos sur le bonheur", d'Alain. Lu dans la collection Idées, de Gallimard.

   Signalons brièvement que la vie d'Alain,
   son engagement (à la fois sans démagogie, sans simplisme et sans compromis), et sa façon
   de le vivre, lui font honneur; et passons maintenant au livre.
   Je vais commencer par des points qui m'ont un peu irrité, mais serai beaucoup plus positif après.

   Alain, la méthode Coué, George Sand et les stoïciens.
   On voit long débat sur la méthode Coué (sans cette appellation), appliquée à plein de choses.
   Par exemple, la politesse, c'est la méthode Coué dans sa variante "l'ambiance est bonne"; page 180, Alain explique qu'il faut être poli pour propager la bonne humeur et qu'on va même soi-même en bénéficier rapidement en retour. Il y a aussi une variante pour le sommeil: faire semblant de dormir, ça aide à dormir. Ne pas penser à sa digestion, c'est assurer une bonne digestion. p157, se forcer à ne pas tousser, ça évite que la toux nous envahisse et nous donne encore plus envie de tousser; dans la même page on apprend même comment saliver pour atténuer l'envie de tousser, et on apprend à ne pas se gratter. Ce n'est certainement pas faux, mais si ce livre contient ainsi de nombreux éléments de bon sens, il va quelquefois un peu dans le détail, voire dans le trivial et l'éculé, ce qui fait que le livre est peut-être plus profitable pour les jeunes de 20 ans que pour les plus vieux. Honte sur moi, je suis en train de prétendre avoir un peu trop d'années pour qu'Alain me soit profitable - c'est en fait plus que je ne pense; j'ai quand même trouvé que malgré son côté "recette de cuisine pour une saine vie", ancêtre des livres de développement personnel, le livre d'Alain avait une certaine cohérence qui lui donne une direction générale claire, visible, sans doute même pédagogique.

La supériorité d'Alain sur Sartre.
Signalons aussi qu'on parle beaucoup du génie de Sartre, qui allait sans doute moins dans le trivial, mais qui au contraire d'Alain a raconté aussi un sacré tas d'âneries, et qui défendait Staline quand plus beaucoup de gens n'étaient assez bêtes, têtus et de mauvaise foi pour le défendre. Même avec le recul des ans, on ne voit rien à conchier dans le livre d'Alain; ça, plus le fait que tout ça est bien écrit, bien structuré, voire convaincant,
et on se retrouve avec un livre loin au dessus de tant de livres de recettes de bonheur. Alain n'injurie personne et ne parle pas de tuer des gens pour améliorer le monde; et ses développements sur la politesse et le savoir-vivre sont bons et beaux. Le fait d'avoir plus connu la vraie vie au lieu de la cuiller en argent de l'enfance de Sartre lui a-t-elle fourni plus de force contre la théorie obtuse ? Le fait d'aller dans le détail de la vie domestique est un peu irritant mais nettement moins pénible que certains écrits tardifs de Kant quant à comment ne pas trop s'enrhumer en veillant à ne pas se refroidir en respirant par la bouche.

Alain, la religion et le mariage.
La méthode Coué est aussi utilisée (non sans pertinence à mon sens) comme explication de l'efficacité religieuse: "Toute religion enferme une prodigieuse sagesse pratique; par exemple, contre les mouvements de révolte d'un malheureux, qui veut nier le fait, et qui s'use et redouble son malheur par ce travail inutile, le mettre à genoux et la tête dans ses mains , cela vaut mieux qu'un raisonnement; car par cette gymnastique, c'est le mot,
vous contrariez l'état violent de l'imagination, et vous suspendez un moment l'effet du désespoir ou de la fureur." Ne voyons pas là une défense de la religion comme moyen d'oppression du peuple; on verra plus loin très explicitement qu'Alain n'est pas du tout un religieux convaincu, et que s'il souligne quelques points efficaces, ce n'est pas du tout sans critique, et Alain est en fait un athée. La vie de couple n'est pas épargnée, avec cette recommandation du mariage de raison. Un atout du coup: ce livre du début du siècle défend des idées qu'on ne défend guère de nos jours et ça a le charme de l'originalité. J'aurai du mal à le suivre sur ce terrain, mais l'idée de ne pas saborder le navire au moindre petit souci est certainement de bon sens.

Alain et le stoïcisme.
Les stoïciens sont cités abondamment; on voit certainement un lien entre eux et Alain; mais Alain est plus pratique que Sénèque, et il s'intéresse plus au quotidien et à la bêtise des "tyrans domestiques" (souvent cités) qu'à la limite philosophique de la résistance à la douleur. C'est moins impressionant assurément que ces moines qui arrivent à ne pas crier et ne pas bouger pendant qu'ils brûlent vifs ou les amérindiens qui résistent à tout en silence; mais ça sert plus au quotidien. Enfin, Alain s'appuie sur George Sand pour souligner qu'il ne faut pas se laisser envahir par ses "humeurs", et ça donne envie de lire Sand.

Alain et Descartes.
Sans surprise, Alain est beaucoup branché Descartes. Descartes est certainement connu surtout pour son "Cogito ergo sum" et tout ce qui va avec; mais Descartes, c'est aussi un philosophe qui n'aimait pas (une grande partie de) la philosophie; comme lui, Alain n'a pas goût au développement théorique fumeux. Descartes n'aimait pas les théologiens fumeux, et Alain n'a pas cédé aux enthousiasmes stupides de philosophes réactionnaires du 20ème siècle; s'il aime la réflexion, Alain a comme Descartes quelque chose d'Ockhamien qui lui évite de partir dans la construction théorique déconnectée et dangereuse.

Alain et la mort.
Page 43, Alain parle de la mort. On a comme une proximité avec le Hagakure dont je vous ai parlé dans une autre page, via cette idée que "l'irrésolution est le plus grand des mots", empruntée à Descartes, développée par Alain, et bien proche de l'idée des samourais selon laquelle il faut être prêt à plonger dans la mort (quand on a le choix entre vivre et mourir, il faut sans hésiter choisir de mourir selon Tsunetomo; et seule cette résolution inébranlable permet d'être courageux face à la mort). L'idée est sympathique mais beaucoup moins percutante que dans Tsunetomo ou chez Mishima; il faut dire qu'en matière de mort, la culture asiatique est pertutante, et que l'occident est un peu à la traine à mon goût sur ce sujet (les parents asiatiques sont ils moins désemparés du coup que les parents occidentaux face aux questions des enfants sur la mort ?). Le chapitre d'Alain sur la mort apparait un peu fade en comparaison; mais sans jamais être tarte ou fumeux.

Alain et la vertu.
La politesse est un sujet majeur chez Alain, et la politesse bien pensée (belles phrases sur le savoir-vivre et sur la justesse de cette expression) a plein de saines conséquences. Alain parle de ce qu'il aime plus de ce qu'il
n'aime pas, et reste ouvert à la différence. Merci d'écrire qu'il vaut mieux applaudir la bonne musique que taper sur la mauvaise, et de dire qu'il faut avoir quelque chose de l'amitié entre Goethe et Schiller, qui tend vers le beau en laissant à chacun la liberté d'être ce qu'il est. Alain parle de vertu sans être tarte, et ne méprise pas, n'incite pas à mépriser, la quête du bonheur; pas plus qu'il ne réduit le bonheur au bonheur collectif; pas de simplisme et d'extrémisme chez Alain. Alain (avec Spinoza) dit que c'est le bonheur qui rend vertueux plutôt que le contraire; quelle belle idée que j'aimerais voire chez nos politiques certains jours.

Conclusions: une lecture à conseiller à M. Sarkozy ?
Alain (1868-1951)

Merci Alain! pour ces jolis passages sur la politesse, même si ça m'a irrité un peu parfois. Merci de signaler qu'il ne faut pas trop "étaler les petits mots de la vie". Merci de ces passages qui ne sont pas sans évoquer les neurones miroirs pour expliquer l'efficacité de la religion, de la politesse.
Un peu moins merci pour les passages sur le jeu, qui m'apparaissent plus confus et moins convaincants (ce que je suis râleur, alors!). Merci pour
le passage sur la France et l'Allemagne - à l'époque ces propos étaient bien utiles.

Saine lecture surtout pour la jeunesse sans doute;
peut-être est-ce un compliment qu'on peut faire à Alain qu'une bonne partie de ce qu'il a écrit est un peu de la culture de base aujourd'hui,
au moins pour un public nettement adulte (pas comme notre médiocre et triste président actuel, qui ferait bien des progrès s'il était capable de lire Alain), qui peut reste sur sa faim parfois. Le livre est un recueil d'éléments écrits pour un large public et cela se sent un peu; quoique je vois peu de lecture grand public qui soutiendrait la comparaison.
Il reste à voir si lire Alain à un âge où il correspond à un besoin peut palier à l'expérience
que l'on n'a pas; je laisse plus expert en pédagogie que moi développer ce point... Prenons l'exemple d'un président, peu au fait de ses dossiers
et peu adulte dans sa conception de la politique; deviendra-t-il un grand président en lisant posément Alain, ou faut-il qu'il vive et vieillisse pour trouver un peu de sagesse ?
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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 20:58
Un très joli livre!
Petit Simon a un petit frère. Mince, en plus il va rester pour toujours!
Catastrophe. Et il y a des loups partout dans cette maison! Heureusement,
Simon va veiller sur son petit frère.

Le graphisme de la couverture ne fait peut-être pas très envie (enfin, je le trouve
pas antipathique non plus!), mais je vous assure que le livre est formidable.
Des textes rigolos, avec des répétitions et changements de taille bien faits qui encouragent
l'enfant à essayer de comprendre, et une histoire qui sent le vécu et où les enfants se
retrouvent.



Voilà, à la fois un bon moment,
- avec une longueur bien adéquate pour les petits de 3 ou 4 ans,
- donnant bien envie aux enfants de s'intéresser à ces grosses lettres qui changent de taille selon le type de phrases,
- avec un personnage principal plus vrai que nature qui croit que le petit
                 frère va partir et qui menace de faire caca partout,
- avec des loups pour de faux pour faire plaisir aux petits,
- et puis un dénouement tout mignon pour ne pas choquer les parents.
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 14:17
Qu'il est beau ce livre!

Ce livre n'est pas le plus connu de Kafka (très loin derrière la métamorphose, le procès...), et pas le préféré de son auteur (loin s'en faut, si je ne m'abuse): peut-etre trop optimiste pour lui; en effet, on y trouve une bonne dose d'espoir, de sourire et de vie. Certains passages sont même attachants, et ça finit sur une touche positive. Quelques passages n'en sont pas moins dans le plus "classique" style de Kafka. Le bien connu passage "Le soutier", datant des tout débuts de Kafka, provient de ce livre.

=> je vous le recommande, meme si vous n'avez pas aimé le reste de l'oeuvre de Kafka, et meme si l'avis de Kafka sur son propre livre ne vous y encourage pas...

Rmqs (attention, je vous livre des infos sur la fin dans la suite!): parmi les lectures de ce livre, certains voient la fin comme très noire et d'autres comme très optimiste... Je me range résolument dans la deuxième catégorie. Je sais, ça n'est pas l'usage chez Kafka, mais rappelons que c'est une oeuvre de jeunesse, largement reniée par le Kafka ultérieur - à mon avis si on ne se laisse pas influencer par l'oeuvre ultérieure de Kafka, le livre est bel et bien résolument optimiste.
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